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Patrick Legras, vice-président d’Agriculteurs en colère, alerte sur l’aggravation de la sécheresse qui asphyxie les exploitations françaises

Gestion de l’eau et adaptation : le défi central pour un secteur en mutation

La gestion de la ressource hydrique cristallise les tensions. Les arrêtés préfectoraux de restriction se multiplient, limitant l’irrigation des cultures à des plages horaires nocturnes ou interdisant purement et simplement le prélèvement dans certains cours d’eau. Pour Patrick Legras, ces mesures, bien que nécessaires, ne doivent pas occulter la question du stockage. « On ne peut pas demander aux agriculteurs de produire sans leur donner les moyens de retenir l’eau quand elle tombe », martèle-t-il.

Les retenues collinaires et les bassins de substitution (parfois appelés méga-bassines par leurs détracteurs) font débat. Leurs défenseurs y voient un outil de résilience face aux sécheresses estivales, tandis que leurs opposants dénoncent un accaparement de la ressource. Le vice-président d’Agriculteurs en colère plaide pour un dialogue apaisé, basé sur des données scientifiques, et pour un investissement massif dans des technologies d’irrigation intelligente : goutte-à-goutte enterré, capteurs d’humidité des sols, pilotage connecté via des applications SaaS. Ces innovations permettent d’économiser jusqu’à 30 % d’eau tout en maintenant, voire en améliorant, les rendements. Leur déploiement nécessite toutefois un accompagnement financier et technique, à la hauteur des enjeux.

L’adaptation passe aussi par un changement variétal. Des programmes de recherche, soutenus par l’Institut national de la recherche agronomique (INRAE) et des partenaires privés, développent des semences plus tolérantes au stress hydrique. Le recours à des cultures méditerranéennes, comme le sorgho, le pois chiche ou le quinoa, se développe doucement dans des régions historiquement céréalières. Mais ces transitions exigent du temps, des compétences nouvelles et des débouchés commerciaux solides. La formation devient alors un levier incontournable : les agriculteurs doivent apprendre à maîtriser ces nouvelles cultures, à utiliser des logiciels de gestion de l’eau, et à repenser leurs assolements. Les plateformes de formation en ligne dédiées à l’agroécologie connaissent une demande croissante, preuve que la profession est prête à se réinventer.


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