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Patrick Legras, vice-président d’Agriculteurs en colère, alerte sur l’aggravation de la sécheresse qui asphyxie les exploitations françaises

Des conséquences directes sur les cultures et l’élevage : un quotidien sous pression

Quels sont les impacts concrets de la sécheresse sur les principales productions françaises ? La réponse varie selon les filières, mais une constante demeure : la baisse de rendement et la détérioration de la qualité.

Pour les grandes cultures, le manque d’eau au moment de la floraison ou du remplissage des grains peut réduire les récoltes de blé, d’orge ou de colza de 20 à 40 %. Les coopératives constatent déjà des épis plus petits et des grains échaudés. Les éleveurs de bovins et d’ovins, eux, voient leurs prairies jaunir dès le mois de mai, ce qui les oblige à puiser dans les stocks de fourrage prévus pour l’hiver. Certains commencent à décapitaliser, c’est-à-dire à vendre une partie de leur cheptel, faute de pouvoir les nourrir correctement. Le prix de la viande risque d’en pâtir à terme, mais c’est surtout le savoir-faire et la génétique des troupeaux qui s’en trouvent fragilisés.

Les arboriculteurs et viticulteurs ne sont pas épargnés. Les vergers de pommiers, de pêchers ou d’abricotiers souffrent d’un stress hydrique qui provoque la chute prématurée des fruits. Dans les vignobles, la vigne résiste mieux, mais un déficit prolongé peut altérer la concentration en sucres et l’équilibre aromatique, impactant la qualité des millésimes. Patrick Legras insiste sur l’effet domino : « Quand une exploitation viticole perd 30 % de sa récolte, ce n’est pas seulement le vigneron qui trinque, c’est toute la chaîne de l’emploi saisonnier, les entreprises de travaux viticoles, les négociants, et finalement l’économie locale. »

Face à ces difficultés, de plus en plus d’agriculteurs se tournent vers les assurances récolte multirisques climatiques. Depuis la réforme de 2023, l’État subventionne ce dispositif à hauteur de 70 % pour les exploitations les plus exposées, mais la diffusion reste inégale. Beaucoup déplorent des franchises élevées et une lenteur dans l’indemnisation. Une meilleure articulation entre les aides publiques, les capacités d’emprunt et les produits d’assurance privés pourrait protéger davantage les revenus agricoles tout en incitant à la prévention.


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