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“Oh oui, des salopes, il y en a” : Roselyne Bachelot dénonce le machisme et les coups bas entre femmes en politique

La “psychologie du harem”, un fléau entre femmes

Mais au-delà de la brutalité générale du milieu, Roselyne Bachelot pointe un phénomène spécifique aux femmes : ce qu’elle appelle la « psychologie du harem ». “Nous sommes encore trop marquées par ce qu’on appelle la ‘psychologie du harem’, où celle qui est choisie par le doigt du sultan l’est au détriment des autres”, explique-t-elle.

Cette formule, empruntée à la sociologue féministe Françoise Héritier, désigne une rivalité ancestrale entre femmes, où chacune voit l’autre comme une concurrente plutôt qu’une alliée. Dans un monde politique encore dominé par les hommes, cette rivalité s’exacerbe. L’impression que les places sont rares, que la réussite de l’une se fait au détriment de l’autre, empêche la solidarité de s’installer.

“Les femmes ont souvent l’impression qu’elles ne peuvent réussir que si les autres échouent”, résume-t-elle. Une analyse lucide expliquant pourquoi, malgré les progrès, la sororité peine parfois à s’installer au sein des instances de pouvoir.

La solidarité féminine, une nécessité pour survivre

“J’ai voulu que les femmes du gouvernement soient des amies”

Face à ce constat, Roselyne Bachelot n’a pas seulement dénoncé. Elle a agi. Lorsqu’elle était ministre, elle a tenté d’instaurer une culture de solidarité au sein du gouvernement.

“J’ai voulu que les femmes du gouvernement soient des amies, qu’elles sachent qu’elles pouvaient compter sur moi”, confie-t-elle. Une démarche qui allait à contre-courant des habitudes, mais qu’elle jugeait essentielle pour que les femmes puissent s’imposer durablement.

Elle donne des exemples concrets de cette entraide. Lors de débats parlementaires nocturnes ou le week-end, elle n’hésitait pas à remplacer de jeunes ministres afin qu’ils puissent s’occuper de leurs enfants. Des gestes simples, mais qui changent tout pour des femmes tiraillées entre leurs responsabilités professionnelles et familiales.

Un engagement féministe de longue date

Cet engagement pour la solidarité féminine ne date pas d’hier. Roselyne Bachelot rappelle qu’elle a toujours travaillé aux côtés d’associations féminines et féministes, sans être partisan exclusif. Elle a soutenu des femmes de toutes sensibilités politiques, estimant que la cause commune devait primer sur les divergences.

Elle se bat également pour la féminisation de son propre camp, l’UMP (devenu Les Républicains), et pour que davantage de femmes accèdent aux postes de pouvoir. Un combat qu’elle juge essentiel, car sans femmes aux commandes, la solidarité féminine restera un vœu pieux.

“Ces expériences en réseau sont une clé de la réussite en politique pour les femmes”, insiste-t-elle. Un message qu’elle adresse aux générations montantes : osez vous allier, osez compter les unes sur les autres, ne tombez pas dans le piège de la rivalité.

“J’ai déjà tué quelqu’un en politique, par vengeance”


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