Michel Dejeneffe, créateur de la célèbre marionnette Tatayet, est décédé à 77 ans

Le Tatayet Show : quand une marionnette devient une icône nationale
De 1986 à 1992, le Tatayet Show s’impose comme un phénomène de société en Belgique. Diffusée sur la RTBF, l’émission attire chaque semaine des centaines de milliers de téléspectateurs. Tatayet devient un membre à part entière des familles belges. Avec ses réparties imprévisibles, il franchit la barrière de l’écran et s’installe dans le quotidien des gens. Ce succès monumental s’accompagne de produits dérivés, de disques et de bandes dessinées. Le titre Tous au cimetière, sorti en 1986, reste un morceau culte, teinté d’un humour noir qui résume bien l’époque.
Ce triomphe rappelle aussi combien les métiers du spectacle exigent une gestion rigoureuse des droits, une forme d’investissement dans la propriété intellectuelle. Les meilleurs artistes qui anticipent leur avenir patrimonial pensent parfois à des solutions d’épargne ou des contrats d’assurance-vie pour optimiser la transmission de leurs œuvres à leurs héritiers. Dejeneffe, lui, a surtout vécu pour la scène, sans toujours mesurer l’ampleur de ce qu’il était en train de bâtir. Pourtant, son parcours démontre que la création artistique peut représenter un véritable capital à condition d’être protégé.
Le duo s’exporte, multiplie les apparitions, mais c’est en Belgique qu’il reste une religion. L’émission Bon Week-end vient renforcer ce lien affectif. Tatayet se fond dans le décor des foyers, au moment où la télévision devient le média familial par excellence. Pour les amateurs de culture populaire, cette époque évoque une télévision artisanale, sincère, bien loin des algorithmes des plateformes de streaming actuelles. Un patrimoine immatériel qui suscite encore des questions sur la valorisation des archives audiovisuelles.
La santé des artistes vieillissants, un enjeu souvent négligé
En 2017, à 67 ans, Michel Dejeneffe annonce qu’il range sa marionnette. Motif invoqué : la ventriloquie exigeait désormais trop d’efforts physiques. L’aveu est pudique mais en dit long sur l’usure des artistes de scène. Derrière l’image de l’amuseur se cachent des heures de répétitions, des tensions vocales et musculaires et un stress invisible. À ce titre, la question de la santé et du bien-être des professionnels du spectacle, notamment à l’approche de la retraite, mérite toute notre attention.
De nombreux artistes, faute d’une couverture prévoyance adaptée ou d’une mutuelle performante, rencontrent des difficultés lorsqu’ils doivent cesser leur activité. Le cas Dejeneffe nous rappelle que la santé n’est pas qu’une question de soins curatifs. Souscrire une assurance santé senior complète, prévoir des bilans réguliers et anticiper les périodes d’arrêt sont des réflexes encore trop rares. Dans un secteur aux revenus souvent irréguliers, la prudence voudrait que chaque intermittent du spectacle intègre une dimension de prévoyance dans sa stratégie de carrière.
Le passage en soins palliatifs évoqué par les proches souligne l’importance d’un accompagnement humain et médical de qualité en fin de vie. Des dispositifs existent, mais ils supposent une démarche proactive : assurance dépendance, épargne dédiée, voire une assurance obsèques pour ne pas laisser ses proches démunis. Si ces sujets restent tabous, la mort de personnalités publiques comme Michel Dejeneffe peut au moins inciter à ouvrir le dialogue.



