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Michel Dejeneffe, créateur de la célèbre marionnette Tatayet, est décédé à 77 ans

Michel Dejeneffe, créateur de la célèbre marionnette Tatayet, est décédé à 77 ans

Le monde du spectacle belge et français pleure une figure aussi discrète qu’incontournable. Michel Dejeneffe, marionnettiste et ventriloque de génie, s’est éteint le vendredi 7 août 2026 à l’âge de 77 ans. Il résidait depuis plusieurs années à Saint-Étienne, où il avait choisi de vivre loin des projecteurs après avoir enchaîné les succès télévisés. Derrière lui, il laisse une compagne, une fille et des millions de souvenirs, mais surtout un héritage artistique unique : celui d’avoir donné vie à Tatayet, une petite marionnette brune à la voix nasillarde devenue bien plus célèbre que son créateur. Son décès, survenu après un séjour en soins palliatifs, rappelle que les artistes cachent souvent des fragilités derrière le rideau. Alors que l’on évoque fréquemment la nécessité d’une bonne couverture santé pour les seniors, la disparition de Dejeneffe illustre à quel point la prévoyance et la planification de la retraite des professions créatives restent un enjeu méconnu. Retour sur le parcours d’un homme discret qui a marqué plusieurs générations.

Un col de fourrure donné par une pensionnaire : la naissance d’un mythe

Michel Dejeneffe est né à Namur le 10 décembre 1948. Rien ne le prédestinait à la ventriloquie. Après une formation d’enseignant, il se tourne vers le théâtre, animé par une passion pour la scène et la transmission. En 1975, il monte une petite compagnie avec laquelle il se produit notamment dans des maisons de retraite. C’est là, au cours d’une représentation ordinaire, que le destin lui tend un vieux col de fourrure usagé. Une pensionnaire le lui offre. Il le range d’abord sans projet précis, avant qu’une illumination ne le pousse à transformer ce bout de tissu en personnage. Tatayet voit le jour.

Le nom de la marionnette est lui-même né d’une confusion charmante : une fillette de son entourage prononçait « Tante Henriette » en disant « Tatayet ». Le nom reste. Rapidement, le personnage prend une épaisseur remarquable. Avec son timbre haut perché, son franc-parler insolent et des répliques pleines d’esprit, Tatayet s’autorise une liberté de ton qui contraste avec la réserve de son créateur. Cette dynamique burlesque deviendra la marque de fabrique du duo. Pour les professionnels de la gestion de carrière artistique, cette trouvaille illustre une vérité : l’innovation naît souvent d’une ressource inattendue, une forme d’investissement personnel qui, avec du temps, peut générer une valeur symbolique et économique durable.

Dès 1978, le tandem quitte la Belgique pour tenter l’aventure parisienne. Les cabarets d’abord, puis la télévision. En France, Tatayet fait ses premières armes aux côtés de Michel Drucker dans l’émission mythique Champs-Élysées. Il participe aussi aux programmes de Patrick Sébastien et s’invite dans les caméras cachées de Monsieur Zygo. Ces collaborations posent les bases d’une notoriété qui explosera sur la RTBF.


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