Féminicide à Mérignac : le calvaire de Chahinez Daoud, entre enfermement et menaces, raconté au procès de son ex-mari

Un procès sous haute tension pour les proches de la victime
Aujourd’hui, ce sont les parents de Chahinez Daoud qui attendent des réponses. Ils espèrent que la justice saura reconnaître l’ampleur des souffrances endurées par leur fille et que le verdict sera à la hauteur de l’horreur des faits. Leur avocat, contacté par franceinfo, exprime clairement leurs attentes : ils veulent que « justice soit faite » et que « Mounir Boutaa soit mis face à la portée de son acte ».
Ce procès est également l’occasion de mettre en lumière les failles du système de protection des victimes de violences conjugales. Comment une femme qui a multiplié les signalements, les plaintes et les appels à l’aide a-t-elle pu être assassinée de manière aussi barbare par un homme déjà condamné ? C’est une question douloureuse qui dépasse le simple cadre de cette affaire et qui interroge l’ensemble de la société.
Les associations d’aide aux victimes de violences faites aux femmes suivent d’ailleurs ce dossier avec une attention particulière. Elles espèrent que ce procès permettra de sensibiliser l’opinion publique sur la réalité du phénomène des féminicides et sur l’urgence d’améliorer la prise en charge des femmes en danger.
Un drame qui rappelle l’urgence d’agir contre les violences conjugales
L’histoire de Chahinez Daoud n’est malheureusement pas un cas isolé. Chaque année, des dizaines de femmes perdent la vie sous les coups de leur conjoint ou ex-conjoint en France. Les chiffres officiels font état d’environ 120 à 150 féminicides par an, un bilan humain dramatique qui ne diminue que très lentement malgré les mesures gouvernementales successives.
Ce drame soulève plusieurs questions essentielles. Comment mieux protéger les femmes qui ont déjà signalé leur situation aux autorités ? Quels dispositifs mettre en place pour éviter que la libération d’un conjoint violent ne se transforme en arrêt de mort pour sa victime ? Comment renforcer le suivi des auteurs de violences et évaluer plus finement les risques de passage à l’acte ?
Des solutions existent pourtant, comme le rappellent les spécialistes de la protection des victimes. Le bracelet anti-rapprochement, par exemple, permet de géolocaliser un conjoint violent et d’alerter immédiatement la victime et les forces de l’ordre en cas de rapprochement dangereux. Les téléphones grave danger offrent également une protection directe aux femmes les plus exposées. L’évaluation systématique du danger lors de chaque dépôt de plainte est une autre piste d’amélioration sérieuse.



