Féminicide à Mérignac : le calvaire de Chahinez Daoud, entre enfermement et menaces, raconté au procès de son ex-mari

Féminicide à Mérignac : le calvaire de Chahinez Daoud, entre enfermement et menaces, raconté au procès de son ex-mari
Le 4 mai 2021 restera à jamais une date tragique pour la ville de Mérignac et pour toute la France. C’est ce jour-là que Chahinez Daoud, une mère de trois enfants âgée de 31 ans, a été sauvagement assassinée. Après avoir reçu deux tirs de fusil dans les jambes, elle a été aspergée d’essence puis brûlée vive devant son domicile. L’auteur présumé de cet acte d’une cruauté inouïe n’est autre que son époux, Mounir Boutaa, dont elle était pourtant séparée.
Ce lundi 24 mars 2025, la cour d’assises de la Gironde a ouvert le procès de cet homme, jugé pour assassinat. Au fil des audiences, un portrait terrifiant se dessine, celui d’un individu violent et manipulateur qui a fait subir à sa femme un enfer quotidien pendant des années. Les témoignages des proches et des professionnels qui suivaient la victime brossent le tableau d’une emprise totale, faite de privations, de violences et de contrôle absolu.
Le rêve français vire au cauchemar dès 2016
Tout semble basculer en mars 2016. C’est à ce moment précis que Chahinez Daoud quitte définitivement l’Algérie pour rejoindre son mari en France. Ce qui devait être le début d’une vie meilleure s’est rapidement transformé en piège mortel. Une amie proche de la victime n’hésite d’ailleurs pas à employer des mots forts pour décrire cette période : « Là, l’enfer commence. »
En apparence, Mounir Boutaa joue la carte du mari attentionné lorsqu’il est question de sa belle-famille. Mais ce n’est qu’un masque soigneusement entretenu. Comme l’explique Julien Plouton, l’avocat des parents de Chahinez Daoud, l’accusé se comportait en Algérie comme « le gendre idéal ». Une fois sa femme installée en France et donc isolée de ses proches, il laisse éclater sa véritable personnalité. Le piège se referme alors inexorablement sur la jeune femme.
Une fois arrivée à Mérignac, Chahinez Daoud n’a plus aucun droit. Le contrôle de son mari s’exerce sur tous les aspects de sa vie quotidienne. Elle ne peut plus sortir seule, ni parler à qui que ce soit sans son autorisation expresse. L’obligation de porter le voile s’ajoute à cette liste de contraintes imposées. Même son salaire, gagné durement en travaillant dans une cantine scolaire, doit être intégralement reversé à son conjoint. Une mainmise financière qui vise à la maintenir dans une dépendance totale.



