INSOLITE

« Depuis l’ablation, je revis » : Lorie Pester se confie sur son hystérectomie après la naissance de Nina

Il y a des décisions qui ne se prennent pas à la légère. Celle de se faire retirer l’utérus en fait partie. Pour Lorie Pester, cette opération n’était pas un choix parmi d’autres : c’était une nécessité, arrachée après des années de douleurs invalidantes, de silences médicaux et d’un combat acharné pour devenir mère. Aujourd’hui, la chanteuse de 41 ans parle. Avec une franchise désarmante, sans filet, elle raconte ce que peu de femmes osent encore dire à voix haute : que la souffrance était devenue insupportable, que l’utérus peut être un ennemi, et que le renoncement à cet organe peut, paradoxalement, vous rendre la vie.

“Depuis l’ablation, je revis”, confie-t-elle à Europe 1. Quatre mots simples. Mais derrière eux, plus de dix ans d’endométriose, un parcours de PMA épuisant, une grossesse précieuse et une reconstruction qui n’en finit pas d’émerveiller celle qui l’a vécue.

Des douleurs depuis l’adolescence : quand la médecine minimise

L’histoire de Lorie Pester avec l’endométriose ne commence pas le jour du diagnostic. Elle commence bien avant, dans le silence d’une douleur banalisée. “Je souffrais tellement depuis l’adolescence que je savais, au fond de moi, que quelque chose n’allait pas. J’ai tellement entendu « c’est normal d’avoir mal » que, lorsqu’on m’a dit qu’il y avait quelque chose qui n’allait pas, j’ai fini par être rassurée et enfin comprise.”

Cette expérience, des millions de femmes l’ont vécue. L’endométriose touche une femme sur dix en âge de procréer, mais le diagnostic prend en moyenne sept ans à être posé. Sept ans pendant lesquels on dit aux patientes que leurs douleurs sont normales, qu’elles exagèrent, qu’il faut apprendre à vivre avec.

“La douleur est arrivée petit à petit. Tous les mois, j’avais de plus en plus mal. Jusqu’au jour où je ne pouvais plus sortir de mon lit ni bouger.” La chanteuse décrit la sensation d’une “boule de pétanque dans le ventre” sur une image qui dit tout sur la brutalité de cette maladie, qui ne soigne rien, ne la soulage que de façade.

L’endométriose et le désir d’enfant : le paradoxe douloureux

Pour les femmes atteintes d’endométriose souhaitant concevoir, le parcours est à la fois complexe. La seule prise en charge médicale possible pour soulager les douleurs est la pilule contraceptive en continu, afin d’interrompre les cycles menstruels. Ce qui est incompatible avec une grossesse. Il faut donc accepter d’endurer la douleur lorsqu’on projette d’avoir un enfant.

Pour Lorie, ce paradoxe s’est incarné dans un parcours de PMA éprouvant, qu’elle décrit avec une transparence rare. “Quand on est atteint d’endométriose, le seul traitement qu’on vous propose pour soulager les douleurs consiste à arrêter les règles. Donc lorsque j’ai eu ce désir de grossesse, il a fallu arrêter ce traitement et les douleurs sont vite revenues. On nous a dit que nous n’avions qu’un bref laps de temps pour tenter de concevoir naturellement.”

La conception naturelle n’a pas fonctionné. Mais Lorie ne s’est pas arrêtée là. “Je m’étais préparée à un parcours PMA et je l’ai plutôt bien vécu. Je savais qu’il y avait des injections quotidiennes, des ponctions parce que j’avais déjà fait une préservation d’ovocytes 3 ans auparavant. Je me faisais donc mes injections toute seule, n’importe où, dans l’avion, dans le train, sur un tournage.”

Lors de la première ponction, cinq embryons ont été obtenus. À J5, il n’en restait plus que deux. Le premier transfert n’a pas fonctionné, mais le second a fonctionné. Nina est née en août 2020. Une victoire totale, au sens le plus littéral du terme.

Après l’accouchement, les douleurs reviennent — encore plus fort

La grossesse avait offert à Lorie une trêve bienvenue : sans règles, les douleurs s’étaient provisoirement tues. Mais après la naissance de Nina, tout a recommencé. Plus fort. Plus vite. Plus loin dans le corps.

“Après la naissance de Nina, ça se répercutait dans mes jambes, dans le dos. J’étais si fatiguée que je tombais dans les pommes.” L’endométriose avait repris ses droits, aggravée par les années de maladie non traitée. C’est à ce moment-là que l’idée d’une hystérectomie s’est imposée.

“Dans mon cas, la douleur a repris de plus belle après l’accouchement. Dès que mes règles sont revenues, j’ai de nouveau vécu l’enfer, voire pire qu’avant. C’est à partir de là que j’ai commencé à réfléchir à la solution radicale de l’hystérectomie.”

1 2Next page

Related Articles

Back to top button