« Depuis l’ablation, je revis » : Lorie Pester se confie sur son hystérectomie après la naissance de Nina

L’endométriose et le désir d’enfant : le paradoxe douloureux
Pour les femmes atteintes d’endométriose souhaitant concevoir, le parcours est à la fois complexe. La seule prise en charge médicale possible pour soulager les douleurs est la pilule contraceptive en continu, afin d’interrompre les cycles menstruels. Ce qui est incompatible avec une grossesse. Il faut donc accepter d’endurer la douleur lorsqu’on projette d’avoir un enfant.
Pour Lorie, ce paradoxe s’est incarné dans un parcours de PMA éprouvant, qu’elle décrit avec une transparence rare. “Quand on est atteint d’endométriose, le seul traitement qu’on vous propose pour soulager les douleurs consiste à arrêter les règles. Donc lorsque j’ai eu ce désir de grossesse, il a fallu arrêter ce traitement et les douleurs sont vite revenues. On nous a dit que nous n’avions qu’un bref laps de temps pour tenter de concevoir naturellement.”
La conception naturelle n’a pas fonctionné. Mais Lorie ne s’est pas arrêtée là. “Je m’étais préparée à un parcours PMA et je l’ai plutôt bien vécu. Je savais qu’il y avait des injections quotidiennes, des ponctions parce que j’avais déjà fait une préservation d’ovocytes 3 ans auparavant. Je me faisais donc mes injections toute seule, n’importe où, dans l’avion, dans le train, sur un tournage.”
Lors de la première ponction, cinq embryons ont été obtenus. À J5, il n’en restait plus que deux. Le premier transfert n’a pas fonctionné, mais le second a fonctionné. Nina est née en août 2020. Une victoire totale, au sens le plus littéral du terme.
Après l’accouchement, les douleurs reviennent — encore plus fort
La grossesse avait offert à Lorie une trêve bienvenue : sans règles, les douleurs s’étaient provisoirement tues. Mais après la naissance de Nina, tout a recommencé. Plus fort. Plus vite. Plus loin dans le corps.
“Après la naissance de Nina, ça se répercutait dans mes jambes, dans le dos. J’étais si fatiguée que je tombais dans les pommes.” L’endométriose avait repris ses droits, aggravée par les années de maladie non traitée. C’est à ce moment-là que l’idée d’une hystérectomie s’est imposée.
“Dans mon cas, la douleur a repris de plus belle après l’accouchement. Dès que mes règles sont revenues, j’ai de nouveau vécu l’enfer, voire pire qu’avant. C’est à partir de là que j’ai commencé à réfléchir à la solution radicale de l’hystérectomie.”



