Affaire Lyhanna : la mère de Rosa attaque l’État pour faute lourde après des accusations de viol

Les manœuvres pour étouffer l’affaire
Par la suite, le suspect multiplie les manœuvres pour étouffer l’affaire. Il envoie des messages inappropriés à la victime, l’appelle et lui offre des cadeaux. Quand Audrey l’affronte, l’homme nie tout. Il utilise le chantage et formule des menaces. « Il dit qu’il va se pendre, qu’il va se suicider si elle ne dit pas qu’elle a menti », se souvient-elle.
Effrayée par cette pression, Rosa, âgée de 10 ans au moment des faits, prétend avoir menti. Par conséquent, l’enquête stagne. Pourtant, quelques mois plus tard, la vérité éclate de nouveau. Audrey comprend que sa fille a subi de graves traumatismes. « Elle raconte qu’il la déshabille. Il essaye de la pénétrer, que ça lui fait très mal et qu’il l’a fait plusieurs fois », déclare la mère de Rosa.
L’arrestation de Jérôme Barella confirme les pires craintes de cette mère. Cette affaire met en lumière les failles dramatiques de la protection de l’enfance.
Les failles du système de protection de l’enfance
Cette affaire soulève des questions cruciales sur le fonctionnement de la protection de l’enfance en France. Comment un individu suspecté de viols sur mineurs peut-il rester libre et continuer à fréquenter des enfants ? Pourquoi les signalements n’ont-ils pas déclenché une réaction immédiate des autorités ?
Les experts pointent plusieurs problèmes récurrents :
- Un manque de coordination entre les services de police et la justice
- Des délais d’enquête trop longs qui laissent les suspects en liberté
- Une tendance à minimiser les paroles des enfants victimes
- Un manque de moyens humains et financiers pour traiter les dossiers sensibles
Ces failles ne sont pas nouvelles. Elles ont déjà été dénoncées dans de nombreuses affaires précédentes. Mais le drame de Lyhanna et les souffrances de Rosa montrent que les réformes n’ont pas été suffisantes. La mère de famille résume son sentiment avec amertume : « Je suis déçue de la France, qui n’a pas su protéger les enfants. »
Un sentiment de trahison généralisé
Audrey avoue ne « pas avoir confiance » en la justice. Ce sentiment est partagé par de nombreuses familles de victimes. Elles se sentent abandonnées par des institutions censées les protéger. La lenteur des procédures, le manque de communication et l’absence de sanctions visibles nourrissent cette défiance.
Les plaignants espèrent que cette action en justice aura un effet dissuasif. Ils veulent que les responsables rendent des comptes. Mais au-delà de la sanction, ils réclament une refonte en profondeur du système. « On ne doit pas passer à côté de l’occasion qu’il nous ait offert de renverser ce système qui ne fonctionne pas », insiste Me Debuisson.



