Disparition de Lyhanna dans le Gers : la gendarmerie mobilise un chien Saint-Hubert, expert en pistage olfactif

Disparition de Lyhanna dans le Gers : la gendarmerie mobilise un chien Saint-Hubert, expert en pistage olfactif
La disparition d’une enfant de 11 ans plonge tout un département dans l’angoisse. Depuis le vendredi 29 mai 2026, Lyhanna n’a plus donné signe de vie après avoir quitté son collège de Fleurance, dans le Gers. Les forces de l’ordre, confrontées à une enquête complexe, ont rapidement déployé des moyens considérables pour tenter de retrouver sa trace. Mais face à l’absence de résultats concrets après les premières battues, la gendarmerie a décidé de passer à la vitesse supérieure en faisant appel à un spécialiste du pistage : un chien de race Saint-Hubert. Ce limier d’exception, réputé pour ses capacités olfactives hors norme, représente un atout majeur dans ce type d’investigation. Plongeons au cœur de cette affaire qui mobilise tout un territoire et découvrons pourquoi ces chiens sont devenus des alliés indispensables lors des disparitions inquiétantes.
Une disparition qui secoue le Gers : les premières recherches intensives
L’alerte a été donnée en fin d’après-midi, le vendredi 29 mai 2026. Lyhanna, une adolescente de 11 ans, n’est pas rentrée chez elle après les cours. Très vite, les proches signalent sa disparition aux autorités. Le parquet d’Auch confirme, dans un communiqué publié deux jours plus tard, que la jeune fille a été vue pour la dernière fois quittant son établissement scolaire de Fleurance aux alentours de 15 heures. Depuis, plus aucune nouvelle.
Dès les premières heures, la gendarmerie met en place un dispositif impressionnant. Les équipes au sol quadrillent méthodiquement les bois, les prés et les cours d’eau situés autour du collège. Un hélicoptère survole la zone pour tenter de repérer un mouvement suspect, tandis que des drones équipés de caméras thermiques scrutent les moindres recoins. Malgré ces efforts, aucune piste sérieuse ne se dessine. C’est à ce moment que les enquêteurs comprennent qu’ils doivent changer de stratégie et faire appel à des moyens plus spécialisés.
Le choix stratégique du Saint-Hubert
Le major Bruno Mourier, référent national pistage Saint-Hubert à la gendarmerie nationale, a confirmé à BFMTV, ce mardi 2 juin 2026, qu’un chien de cette race a été mobilisé sur place. “Ces chiens interviennent souvent en deuxième niveau de recherches”, explique-t-il. En effet, lorsque les premiers pistages effectués par des bergers allemands ou des Malinois n’aboutissent pas, les Saint-Hubert prennent le relais. Leur capacité olfactive est tout simplement exceptionnelle : là où un chien classique peut pister efficacement jusqu’à 24 heures après une disparition, le Saint-Hubert peut remonter une piste bien plus ancienne.
Ce choix n’est pas anodin. La race du Saint-Hubert, également connue sous le nom de Bloodhound, possède un nez parmi les plus sensibles du règne canin. Avec environ 300 millions de récepteurs olfactifs (contre 5 millions chez l’humain), il est capable de distinguer et de suivre une odeur spécifique sur des kilomètres, même plusieurs jours après le passage de la personne recherchée.
Comment fonctionne le pistage avec un Saint-Hubert ?
Le processus est à la fois simple et fascinant. Le maître-chien présente à l’animal un objet ayant appartenu à la personne disparue. Pour Lyhanna, cela peut être un pyjama, un doudou ou un vêtement porté récemment. “Si on lui présente une odeur de référence, le Saint-Hubert va être en capacité de remonter l’odeur la plus ancienne à la plus proche”, détaille le major Mourier.
Concrètement, le chien renifle l’objet, mémorise l’odeur, puis commence à suivre la trace au sol. Contrairement à d’autres races qui peuvent être distraites par des odeurs parasites, le Saint-Hubert reste concentré sur sa mission. Il avance lentement, le nez collé au sol, en émettant des aboiements caractéristiques lorsqu’il retrouve la piste. Son flair est si précis qu’il peut différencier l’odeur d’une personne de celle d’une autre, même si elles ont marché au même endroit.
Une complémentarité avec les recherches classiques
Le Saint-Hubert n’est pas un chien de premier recours. “Quand le premier pistage n’aboutit pas, il y a une demande d’intervention des Saint-Hubert. Cela complète les premières recherches”, précise le major. Cette approche en deux temps permet d’optimiser les ressources : les chiens plus rapides comme les Malinois couvrent d’abord les zones récentes, tandis que le Saint-Hubert explore les pistes plus anciennes ou plus complexes.
Dans le cas de Lyhanna, les autorités espèrent que ce limier pourra soit retrouver la jeune fille directement, soit délimiter une zone de recherche plus précise. “Dans le meilleur des cas, les Saint-Hubert retrouvent la personne, sinon ils vont nous donner une zone”, explique le major Mourier. Même sans aboutir à une localisation exacte, le travail de ces chiens réduit considérablement le périmètre à explorer, ce qui fait gagner un temps précieux aux enquêteurs.



