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Vito Luprano brise le silence : « René Angélil contrôlait chaque aspect de la vie de Céline Dion »

Vingt-deux ans passés dans l’ombre de l’un des couples les plus emblématiques du show-business mondial. Vingt-deux ans à construire, album après album, la légende musicale de Céline Dion. Et puis un congédiement brutal, sans explication, sans égard. Vito Luprano, ancien producteur exécutif de 21 albums de la chanteuse québécoise et fidèle bras droit de René Angélil, a choisi de parler. Dans un livre coup de poing publié le 12 janvier dernier, et dans une interview exclusive accordée à Paris Match ce jeudi 15 janvier, il lève le voile sur une relation de couple marquée par le contrôle, la jalousie et la manipulation.

Des révélations qui tombent dix jours à peine après l’hommage émouvant rendu par Céline Dion à son mari disparu, à l’occasion des dix ans de sa disparition. Deux versions d’une même histoire. Deux regards sur un homme qui a façonné l’une des plus grandes carrières musicales de notre époque — et peut-être bien plus que ça.

Un livre-bombe signé par celui qui connaissait tous les secrets

Vito Luprano n’est pas n’importe qui dans l’univers de Céline Dion. Pendant plus de deux décennies, cet homme de l’ombre a été au cœur de la machine. Producteur exécutif de 21 albums, il a contribué à hisser la chanteuse au sommet de la scène musicale. Son ouvrage, intitulé It’s All Coming Back To Me… De mes humbles débuts à la vraie histoire derrière la carrière de Céline Dion (éd. brochée), sorti le 12 janvier, promet d’en révéler beaucoup sur les coulisses d’un empire soigneusement protégé.

Et les premières révélations font déjà l’effet d’une bombe. Dans les pages de ce livre, Vito Luprano décrit René Angélil sous un jour bien différent de celui d’un manager visionnaire et d’un mari dévoué que l’image publique avait construit. Ce qui ressort, c’est le portrait d’un homme obsédé par le contrôle — sur sa femme, sur son entourage, sur chaque personne susceptible d’approcher de trop près la star qu’il avait fait naître.

« Personne ne parlait en direct à Céline » : le contrôle absolu de René Angélil

Dans son interview à Paris Match, Vito Luprano ne mâche pas ses mots. La description qu’il fait du fonctionnement interne du clan Dion-Angélil est saisissante. « Dès que quelqu’un s’approchait de Céline, René devenait nerveux », confie-t-il. Une nervosité se traduisant par une règle tacite, mais absolue, au sein de l’équipe.

« Personne ne parlait en direct à Céline. “Viens me parler avant”, disait-il. “C’est moi qui parle à Céline.” » Une phrase qui résume à elle seule la philosophie de gestion de René Angélil : tout passe par lui, rien n’échappe à son regard. Pas une décision, pas une conversation, pas un compliment.

Dans son livre, Luprano approfondit cette analyse. Il décrit Angélil comme quelqu’un dont le rôle, autoproclamé, était de veiller à ce que Céline suive son plan. « Toute l’attention de Céline devait être dirigée vers René. C’était lui qui devait combler tous ses besoins émotionnels pour qu’elle reste en équilibre », écrit-il. Une forme d’isolement affectif, savamment orchestrée, poussant parfois la chanteuse au-delà de ses limites émotionnelles et physiques.

Le moment où tout a basculé entre Luprano et Angélil

Comment en est-on arrivé à cette rupture brutale après plus de vingt ans de collaboration ? Vito Luprano identifie avec précision le moment où les choses ont commencé à se dégrader. Et il tient à un geste anodin, presque banal : des félicitations reçues directement de Céline Dion.

« C’est là que ça a commencé à aller moins bien entre René et moi », explique-t-il. Lorsque Céline Dion a commencé à reconnaître publiquement, devant son mari, la valeur du travail accompli par Luprano, quelque chose s’est cassé. « En fait, à ce moment-là, Céline a pris le contrôle. Elle s’est vraiment rendu compte de tout ce que j’apportais. »

Pour René Angélil, voir sa femme exprimer une reconnaissance directe envers quelqu’un d’autre était, selon Luprano, une menace. Pas nécessairement consciente. Mais réelle. Et dans la logique de contrôle total qu’il avait mise en place, toute forme d’autonomie émotionnelle chez Céline représentait un déséquilibre à corriger.

« Il m’a jeté, comme mis à la poubelle » : la blessure qui ne cicatrise pas

Ce qui frappe dans le témoignage de Vito Luprano, c’est la douleur encore palpable, des années après les faits. Pas la rancœur d’un homme amer, mais la blessure profonde d’un collaborateur qui croyait avoir construit quelque chose de durable, fondé sur la confiance et le respect.

« Moi, ça ne me dérangeait pas d’être dans l’ombre. Mon but, c’est qu’elle devienne une superstar musicalement », dit-il. Une posture de serviteur de l’art, dévouée à la cause d’une artiste unique. Mais cette discrétion n’a pas suffi à le protéger.

« En s’éloignant de moi, René m’a vraiment blessé. Il m’a blessé fort. Après 23 ans de travail, il m’a jeté, comme s’il m’avait jeté à la poubelle. Je n’ai pas aimé ça. » Des mots simples, directs, qui disent tout sur la violence d’un congédiement sans égard, après plus de deux décennies d’une loyauté sans faille.

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