Romain Vidal, fils de Michèle Torr, de nouveau en rééducation : son combat courageux contre la sclérose en plaques

Certaines personnes traversent des épreuves qui suscitent le respect. Romain Vidal est de celles-là. Fils de deux icônes de la chanson française — Michèle Torr et Christophe — il aurait pu n’être connu que pour cette filiation prestigieuse. Mais c’est une tout autre histoire qui définit sa vie depuis plus de quatorze ans : celle d’un homme de 54 ans qui se bat chaque jour contre la sclérose en plaques, une maladie neurologique chronique aussi imprévisible qu’épuisante.
En cette fin novembre, Romain Vidal a rompu le silence sur les réseaux sociaux pour partager une nouvelle qui en dit long sur la réalité de sa maladie : depuis le mois d’août, il est de nouveau en centre de rééducation à Marseille, après cinq mois déjà passés en rééducation à Aix-en-Provence. Neuf mois de soins intensifs, et ce n’est pas encore terminé.
Un message sobre, sans pathos inutile, qui a ému ses proches et ses abonnés. Derrière ces quelques lignes, il y a un parcours de vie marqué par les absences, les deuils non faits et une résilience qu’on ne peut qu’admirer.
Une naissance entre deux étoiles, une enfance marquée par l’absence
Romain Vidal est né de la relation entre Michèle Torr, grande dame de la variété française, et Christophe, l’auteur mythique de Les Mots bleus. Une liaison passionnelle entre deux artistes au sommet de leur art — mais une histoire dont Romain a longtemps payé le prix.
Christophe n’a jamais souhaité reconnaître son fils. Une décision douloureuse, incompréhensible pour un enfant qui grandit en sachant qui est son père biologique sans pouvoir pleinement l’appeler ainsi. C’est Jean Vidal, l’ex-mari de Michèle Torr, qui a endossé ce rôle avec amour, reconnaissant Romain et l’élevant comme son propre enfant. Un geste fondateur, qui a sans doute évité à Romain de sombrer dans un vide identitaire plus profond encore.
Les deux hommes — Romain et Christophe — étaient néanmoins parvenus à renouer des liens au cours des dix dernières années. Une réconciliation fragile, incomplète peut-être, mais réelle. Suffisante pour que la disparition de Christophe, le 26 mars 2020, des suites d’un emphysème, laisse une blessure supplémentaire dans la vie d’un homme qui en comptait déjà trop.
Le deuil impossible : absent aux funérailles de son père à cause de la maladie
La mort de Christophe a coïncidé avec l’une des périodes les plus sombres de la pandémie de Covid-19. Mais pour Romain Vidal, l’impossibilité d’assister aux funérailles de son père n’était pas seulement liée aux restrictions sanitaires. C’est sa maladie qui l’en a empêché.
Michèle Torr l’avait alors expliqué avec une franchise touchante : « Romain, qui a la sclérose en plaques, ne se rendra pas aux obsèques de son père car il n’a plus de défenses immunitaires. Donc ce n’est pas vraiment le moment de sortir. »
Imaginer ce que représente cette absence dit quelque chose d’essentiel sur ce que la sclérose en plaques vole aux malades. Pas seulement la mobilité, pas seulement l’énergie — mais parfois les moments les plus importants d’une vie. Les adieux à un père avec qui la relation était déjà si complexe, si inachevée. Un deuil impossible à vivre normalement, contraint de se faire à distance, dans une chambre d’hôpital ou chez soi, entre quatre murs.
Qu’est-ce que la sclérose en plaques ? Comprendre la maladie de Romain Vidal
La sclérose en plaques est une maladie neurologique chronique qui touche environ 110 000 personnes en France, avec près de 5 000 nouveaux cas diagnostiqués chaque année. Elle atteint le système nerveux central — le cerveau et la moelle épinière — en provoquant une inflammation et une destruction progressive de la myéline, la gaine protectrice qui entoure les fibres nerveuses.
Les conséquences varient considérablement d’une personne à l’autre, mais les symptômes les plus fréquents incluent :
- Fatigue intense et chronique, souvent décrite comme le symptôme le plus invalidant au quotidien.
- Troubles de la mobilité : difficultés à marcher, problèmes d’équilibre, spasticité musculaire.
- Troubles cognitifs : difficultés de concentration, de mémoire, de traitement de l’information.
- Troubles sensitifs : engourdissements, fourmillements, douleurs neuropathiques.
- Affaiblissement du système immunitaire, rendant les patients plus vulnérables aux infections.
La maladie évolue le plus souvent par poussées — des épisodes aigus suivis de périodes de rémission partielle ou totale — mais peut aussi progresser de façon continue. C’est cette imprévisibilité qui en fait l’une des maladies neurologiques les plus difficiles à vivre psychologiquement.
Neuf mois de rééducation : la réalité du quotidien de Romain
C’est via son compte Facebook que Romain Vidal a choisi de briser le silence, en publiant une photo prise dans son centre de rééducation à Marseille, aux côtés d’Adda Abdelli — co-créateur et acteur de la série Vestiaires sur France 2, et ami de longue date impliqué dans la sensibilisation à la sclérose en plaques.
« J’ai retrouvé avec beaucoup de plaisir mon ami Adda Abdelli, qui nous a fait l’honneur de venir une année à notre concert pour la recherche sur la sclérose en plaques. Merci encore à lui », a-t-il écrit avec chaleur.
Puis il a livré une information que peu de ses proches connaissaient : depuis le 11 août, il est admis à l’UGCAM de Marseille, après avoir déjà passé cinq mois en rééducation à Aix-en-Provence. « 9 mois après, je me retrouve à nouveau en rééducation et ce n’est pas terminé ! », a-t-il confié, avec ce mélange de lucidité et de légèreté qui caractérise souvent les personnes habituées à vivre avec la douleur.
Neuf mois. L’équivalent d’une grossesse, passé entre des centres de soins, loin de chez soi, à travailler chaque jour pour récupérer des fonctions que la maladie grignote peu à peu. Une réalité que les chiffres seuls ne suffisent pas à traduire.



