Pierre Cabaré et Christophe Arend, les soutiens de Gérald Darmanin visés par des plaintes pour agression sexuelle

La défense des députés : présomption d’innocence et dénonciation calomnieuse
Face aux critiques, les deux élus assument pleinement leur choix de signer la tribune. Christophe Arend a expliqué, dans des déclarations à la presse économique, qu’il avait signé ce texte parce que sa propre présomption d’innocence avait été, selon lui, bafouée par un « procès médiatique ». Il estime qu’il faut laisser la justice faire son travail sans interférence et que personne ne devrait être condamné dans l’opinion avant un jugement. Il a également confié avoir adressé plusieurs messages de soutien à Gérald Darmanin par SMS, lui proposant de partager son expérience douloureuse des accusations médiatiques.
Alexandra Louis, députée de Marseille et co-autrice de la tribune avec Anne-Laurence Petel, a défendu la participation de Pierre Cabaré et Christophe Arend. Pour elle, la présomption d’innocence est un principe universel qui doit être protégé pour tous, quelles que soient les accusations portées contre chacun. Elle s’est toutefois dite choquée par certains slogans entendus lors des manifestations contre la nomination de Gérald Darmanin, comme « Un violeur à l’Intérieur ! », qu’elle juge diffamatoires et indignes. Selon elle, ces expressions bafouent le principe même qu’elle entend défendre.
Cette position soulève néanmoins une question délicate : peut-on défendre la présomption d’innocence sans paraître minimiser la parole des victimes ? Les associations féministes et de nombreuses personnalités politiques estiment que la priorité doit être donnée à l’écoute des plaignantes, souvent confrontées à des pressions et à des représailles. La présence de députés eux-mêmes accusés dans une tribune de soutien à un ministre accusé de viol jette le trouble sur la sincérité de l’engagement des signataires.
Lucie Schmitz : une réaction d’indignation
La réaction de Lucie Schmitz, la plaignante dans l’affaire Pierre Cabaré, est particulièrement révélatrice du malaise. Cadre dans un groupe de tourisme, elle affirme avoir été licenciée après avoir dénoncé les faits et n’avoir reçu aucun soutien de la part de La République en Marche. Son témoignage met en lumière les difficultés rencontrées par les victimes présumées au sein des partis politiques, où les rapports de pouvoir et les loyautés partisanes peuvent primer sur la protection des personnes.
Elle dit avoir été « atterrée » en découvrant que son ancien employeur figurait parmi les signataires de la tribune. Pour elle, l’ironie est amère : un homme accusé d’agression sexuelle qui soutient un autre homme accusé de viol, au nom de la présomption d’innocence, revient à exiger pour eux une protection qu’elle-même n’a jamais obtenue. Ce sentiment d’injustice est partagé par de nombreuses victimes présumées qui observent ces manœuvres politiques avec un regard désabusé.



