Pascal Obispo blessé par balle sur scène à Ajaccio en 1997 : retour sur l’agression qui a failli lui coûter un œil

La version de Pascal Obispo : une histoire de jalousie
Invité par Michel Cymes en 2019, Pascal Obispo revient sur les motivations supposées de son agresseur. Et sa réponse a de quoi surprendre. Selon lui, l’homme aurait agi par jalousie, dans le cadre d’un conflit de couple. Le chanteur raconte que la femme de l’individu aurait lancé une phrase restée célèbre dans son récit : « moi aussi je me le fais quand je veux ». Une déclaration qui aurait mis le compagnon hors de lui, au point de vouloir s’en prendre physiquement à l’artiste.
Cette explication, aussi rocambolesque soit-elle, donne à l’affaire une dimension presque romanesque. On imagine mal qu’une rivalité sentimentale puisse conduire un homme à sortir une arme lors d’un concert. Pourtant, Pascal Obispo l’affirme avec le recul : c’est la piste qu’il retient. Une manière de désamorcer par l’anecdote un épisode qui aurait pu briser sa carrière, voire sa vie.
Il faut dire que le chanteur a toujours cultivé une certaine distance face aux événements tragiques. Cette capacité à transformer un traumatisme en récit presque absurde témoigne d’une forme de blindage émotionnel. Mais elle soulève aussi une question : et si la réalité avait été tout autre ?
Ce que disait la presse à l’époque : une tout autre piste
Car la version racontée des années plus tard diverge sensiblement des constatations établies en 1997. Dans un article daté du 30 juillet 1997, le quotidien Libération rapportait une réalité bien différente. Trois jeunes vacanciers originaires du Nord et de la région parisienne avaient été interpellés. Lors de leur garde à vue, ils auraient reconnu les faits sans détour, expliquant avoir tiré… parce qu’ils n’aimaient pas la variété française.
Pas de jalousie passionnelle, donc, ni de mari trompé en colère. Juste un rejet artistique poussé à l’extrême, une bêtise de vacanciers désœuvrés qui a failli coûter un œil à l’un des chanteurs les plus populaires de l’époque. Cette contradiction entre les deux récits n’a jamais été totalement clarifiée. Faut-il croire la version judiciaire, documentée, ou celle de l’artiste, plus tardive et plus théâtrale ?
Il est fréquent que les victimes reconstruisent un événement traumatique avec le temps, y ajoutant une cohérence narrative que les faits bruts ne fournissent pas. Pour Pascal Obispo, l’hypothèse de la jalousie a peut-être le mérite d’être plus flatteuse que celle du simple rejet musical. Elle transforme une agression absurde en règlement de comptes presque romantique. Une façon de reprendre le contrôle sur un souvenir qui, sinon, reste une pure aberration.



