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Myriam Bost, psychologue, alerte sur la blague TikTok de la « police des enfants »

Des répercussions à long terme souvent ignorées

Les conséquences ne s’arrêtent pas aux jours suivants. Myriam Bost prend l’exemple d’une vidéo dans laquelle une petite fille est brimée parce qu’elle n’a pas terminé son assiette. L’obliger à finir son repas peut influencer son rapport futur à la nourriture et favoriser des troubles du comportement alimentaire. Sur TikTok, cette scène devient un contenu public, alors qu’elle touche à l’intimité d’un enfant en pleine construction.

À plus long terme, les enfants exposés à ce genre de moquerie peuvent développer un manque de confiance en eux. La psychologue évoque aussi le risque de harcèlement : une fois la vidéo en ligne, on ne sait pas comment elle sera réutilisée. Des camarades de classe, des inconnus ou des algorithmes peuvent la faire circuler hors de son contexte initial. Rire des faiblesses d’un enfant revient à lui faire comprendre que se moquer de lui est un comportement normal.

Cette banalisation de la peur s’inscrit dans une suite de tendances inquiétantes. Avant la « police des enfants », le Ghost Filter poussait déjà des parents à effrayer leurs petits avec un filtre de fantôme. Myriam Bost déplore que ces pratiques minimisent beaucoup l’émotion que l’enfant vit sur le moment. Les plus jeunes connaissent des émotions très intenses qu’ils ne retiennent jamais. À force de petits moments traumatiques, leur système nerveux ne parvient plus à les protéger correctement. Cela peut laisser une empreinte durable sur leur santé mentale.

Ce que les parents peuvent faire à la place

Pour éviter ces effets, il n’est pas nécessaire de renoncer à l’humour en famille. Il s’agit surtout de choisir des formes de jeu qui n’exploitent pas la peur de l’enfant. Une blague partagée fonctionne quand tout le monde peut en rire, y compris le principal intéressé. Si l’enfant ne rit pas, ce n’est plus un jeu.

Quelques repères simples peuvent aider. Ne pas filmer ni diffuser les réactions de détresse. Demander à l’enfant ce qu’il a ressenti après une situation confuse. Expliquer que la police est là pour protéger, pas pour punir les enfants. Enfin, si une vidéo a déjà été publiée, la retirer rapidement et en parler avec l’enfant. En cas de signes de stress, de cauchemars ou de changement de comportement, consulter un psychologue spécialisé dans le développement de l’enfant reste la meilleure option. La parentalité bienveillante passe par la protection des émotions, pas par leur exposition.


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