Myriam Bost, psychologue, alerte sur la blague TikTok de la « police des enfants »

Pourquoi l’enfant ne peut pas comprendre qu’il s’agit d’une blague
Interrogée sur cette tendance, Myriam Bost explique que l’enfant n’est pas capable de s’imaginer que c’est une blague. Jusqu’à un certain âge, sa pensée reste très concrète. Il entend un message, il voit la réaction de son parent, et il en conclut que la menace est sérieuse. Il ne possède pas encore le recul nécessaire pour décoder l’ironie ou le second degré. En d’autres termes, ce que l’adulte vit comme un moment drôle, l’enfant le vit comme un danger réel.
Ce mécanisme est aggravé par le lien de confiance qui unit un enfant à ses parents. La figure maternelle ou paternelle est censée le protéger, pas l’exposer à une peur inutile. Quand le parent déclenche lui-même la sonnerie et filme la réaction, il brouille ce repère fondamental. L’enfant peut alors se sentir trahi. Myriam Bost insiste : ce type d’humour peut conditionner le comportement futur, car il enseigne au petit que l’on peut rire de sa détresse et que ses émotions ne sont pas prises au sérieux.
Les conséquences à court terme sur la confiance et le sommeil
Sur le moment, les réactions varient d’un enfant à l’autre. Myriam Bost précise toutefois que beaucoup vont être impactés. Les signes peuvent apparaître dès les heures ou les jours qui suivent la vidéo.
- Une perte de confiance envers les parents et une baisse d’écoute
- Du stress, de l’anxiété et des cauchemars
- Une association de la police à la méchanceté et une méfiance envers la justice
- Une hésitation à demander de l’aide aux forces de l’ordre en cas de besoin
Ces effets ne sont pas forcément spectaculaires. Un enfant qui obéit moins, qui se réveille la nuit ou qui parle de la police avec crainte peut exprimer un mal-être que l’entourage n’a pas vu venir. La blague, elle, est déjà oubliée par les adultes. Pour l’enfant, le souvenir peut rester vif.



