Marianne Bachmeier, la mère qui a tué l’assassin présumé de sa fille en plein tribunal

Le meurtre d’Anna et le passé trouble de Klaus Grabowski
Le 5 mai 1980, Anna ne rentre pas de l’école. Inquiète, Marianne signale sa disparition. Les recherches durent plusieurs heures avant que le corps de la fillette ne soit découvert dans une caisse en carton, abandonnée près d’un étang en périphérie de Lübeck. Elle a été étranglée et l’autopsie révèle des violences sexuelles.
L’enquête se tourne rapidement vers un voisin, Klaus Grabowski, un boucher de 35 ans. Placé en garde à vue, il finit par avouer le meurtre, mais sa version est particulièrement cynique : il prétend que la petite fille aurait tenté de le faire chanter pour de l’argent. Une justification aberrante, mais qui révèle un élément clé : Grabowski n’est pas un inconnu pour la justice.
Avant de s’en prendre à Anna, il avait déjà été condamné pour des abus sexuels sur deux fillettes. À l’époque, il avait accepté une castration chimique, ce qui lui avait valu une libération anticipée. Ce détail, largement relayé par la presse allemande, provoque une onde de choc dans l’opinion publique. Comment un homme au passé aussi lourd a-t-il pu être laissé en liberté ?
Le 6 mars 1981 : le geste qui a choqué l’Allemagne
Le procès de Klaus Grabowski s’ouvre en février 1981 devant la cour d’assises de Lübeck. Pour Marianne Bachmeier, assister à ces audiences est une épreuve quotidienne. Elle doit écouter les détails sordides du meurtre de sa fille, confrontée à l’homme qui lui a tout pris. Au fil des jours, sa détresse se mue en une colère froide.
Le 6 mars, troisième jour d’audience, elle entre dans la salle avec un sac soigneusement fermé. Personne ne remarque le pistolet Beretta calibre .22 qu’elle y a glissé. Elle s’assoit derrière l’accusé, attend le moment où Grabowski tourne le dos, puis se lève et tire à huit reprises. Six balles atteignent l’homme, qui s’effondre au sol. Il décède quelques heures plus tard à l’hôpital.
La scène plonge le tribunal dans la confusion. Marianne Bachmeier est arrêtée sans opposer de résistance. Interrogée, elle explique avoir voulu « protéger d’autres enfants » et mettre fin à la souffrance que lui causait la vue de cet homme. Aucun regret, aucune tentative de fuite : elle assume pleinement son acte.



