Le CECOT au Salvador : dans la prison géante où 20 000 détenus vivent sans espoir

Le CECOT, une forteresse de 1,6 km² au Salvador
Le Centro de Confinamiento del Terrorismo, plus connu sous le nom de CECOT, se trouve au Salvador, un petit pays d’Amérique centrale d’environ six millions d’habitants. Inauguré en 2023, ce centre de détention s’étend sur 1,6 km² et peut accueillir jusqu’à 40 000 prisonniers. Actuellement, environ 20 000 hommes y sont enfermés.
Présenté comme la « pire prison du monde », le CECOT a été médiatisé en 2025 lorsque Kristi Noem, alors secrétaire américaine à la Sécurité intérieure, s’y est rendue pour observer l’arrivée de délinquants salvadoriens expulsés des États-Unis. Les images d’hommes tatoués entassés dans de grandes cages ont fait le tour du monde. La visite avait provoqué de vives réactions.
Quelques mois plus tard, le journaliste britannique Richard Madeley a obtenu l’autorisation de visiter l’établissement. Son documentaire, disponible depuis le mercredi 27 mai sur Channel 5, décrit un lieu que le directeur lui-même qualifie de « cimetière d’hommes vivants ». Une formule dure, mais fidèle à ce qu’il dit avoir vu.
À l’intérieur des cellules : dormir à 80 sans matelas
Les conditions de détention décrites dans le reportage sont extrêmes. Les détenus dorment jusqu’à 80 dans une même cellule, sur des lits métalliques superposés, sans matelas ni couverture. La lumière reste allumée 24 heures sur 24, ce qui empêche tout repère jour-nuit. Pour une centaine de prisonniers, seuls deux lavabos et deux toilettes sont disponibles. L’hygiène y est minimale et la promiscuité totale.
Richard Madeley a confié n’avoir « jamais vu d’autres êtres humains dans un tel état, détenus dans de telles conditions ». Les personnes incarcérées au CECOT sont enfermées pour le reste de leurs jours, sans perspective de libération. Elles n’ont aucun espoir de sortir un jour.
Le terme de « cimetière d’hommes vivants » prend ici tout son sens. Ce ne sont pas seulement des murs qui enferment, mais un système qui nie toute possibilité de réinsertion ou de retour à la vie libre.
Une discipline de fer et des punitions extrêmes
Au CECOT, la discipline est rigide. Les gardiens font régner un ordre strict en permanence. En cas de manquement, la punition peut être l’isolement. Les prisonniers sanctionnés sont placés dans des cellules obscures et silencieuses pendant des semaines. Ce confinement sensoriel est considéré par plusieurs organisations de défense des droits humains comme un traitement cruel.
Pourtant, les autorités salvadoriennes assument ce modèle ultra-répressif. Elles le présentent comme une réponse directe à la violence des gangs qui paralysait le pays. Le documentaire ne se contente pas de montrer des murs : il donne à voir l’usure mentale des détenus, privés de lumière naturelle, de silence et de tout lien social. Une violence institutionnelle qui interroge les limites de la punition.



