“J’ai Envie de Ne Pas Me Réveiller” : Véronique Sanson Se Confie Sans Fard sur la Mort à 76 Ans

Elle a traversé les décennies comme on traverse les tempêtes : tête haute, voix puissante, cœur ouvert. Véronique Sanson, 76 ans, monument de la chanson française, a accordé une interview bouleversante à Augustin Trapenard sur RTL ce samedi 25 octobre. Le genre d’entretien où les masques tombent, où les questions simples appellent des réponses d’une sincérité désarmante.
Son animal totem ? Le chat. Ses défauts ? Elle les connaît, sans chercher à les cacher. Son manque de confiance en elle ? Il est là, toujours, malgré des décennies de succès. Mais c’est une autre question, plus intime, plus grave, qui a suspendu le silence du studio. Celle de la mort.
Comment voulez-vous mourir ? A demandé Trapenard. Véronique Sanson n’a pas hésité. Pas une seconde. “En dormant”, a-t-elle répondu, la voix calme, posée, presque sereine. Avant d’ajouter, comme une évidence : “J’ai envie de ne pas me réveiller.”
Une phrase courte. Quelques mots seulement. Mais derrière ces mots, toute une vie. Celle d’une femme qui a tout connu : la gloire, les excès, les amours fracassants, les deuils, les renaissances. Celle d’une artiste qui a porté la chanson française sur ses épaules fragiles, avec cette voix unique, cassée, vibrante, inoubliable.
Ce souhait, exprimé sans pathos, sans recherche d’effet, dit beaucoup de l’état d’esprit de Véronique Sanson aujourd’hui. Une forme de paix intérieure, de lucidité tranquille. Mais aussi, peut-être, la fatigue légitime d’une femme qui a tant donné, tant vécu, tant aimé.
Nous avons voulu revenir sur ces confidences, les replacer dans le parcours d’une artiste hors norme, et comprendre ce que ces mots révèlent de son rapport à la vie, à la scène, à l’éternité.
“En Dormant” : La Réponse Simple et Bouleversante de Véronique Sanson
Dans le cadre feutré de l’émission de RTL, Augustin Trapenard pose une question que beaucoup n’osent formuler. Comment aimeriez-vous mourir ?
Une réponse sans détour
“En dormant.” La réponse fuse, immédiate. Pas de temps de réflexion, pas de faux-semblants, pas de pudeur mal placée. Véronique Sanson sait ce qu’elle veut, y compris pour l’ultime instant.
“J’ai envie de ne pas me réveiller”
Elle précise, comme pour être sûre d’être bien comprise. “J’ai envie de ne pas me réveiller.” Ce n’est pas un appel au secours, ni une déclaration dépressive. C’est le souhait paisible de celle qui espère une fin douce, sans souffrance, sans combat.
Un souhait partagé
Ce désir de partir dans son sommeil, beaucoup de personnes âgées le formulent. Il incarne la peur de la déchéance, de la douleur, de l’hôpital. Le sommeil, c’est la mort apaisée, presque élégante.
La voix calme
Ce qui frappe dans cette séquence, c’est la tranquillité de Véronique. Elle parle de la mort comme on parlerait du temps qu’il fait. Sans angoisse, sans frémissement. Comme si elle avait déjà fait la paix avec cette échéance.
“J’aurais Dû Mourir Mille Fois” : Une Vie Marquée par les Excès et les Renaissances
Cette sérénité face à la mort, Véronique Sanson ne l’a pas toujours eue. Elle s’est construite au fil d’une vie mouvementée.
Les années de braise
Dans les années 70 et 80, Véronique Sanson incarne la rockeuse française, celle qui vit à cent à l’heure, qui brûle la vie par les deux bouts. Les excès, les nuits blanches, les amours tumultueux avec Michel Berger puis Stephen Stills.
Les addictions
Comme beaucoup d’artistes de sa génération, elle a connu la dépendance. L’alcool, la cocaïne. Des années à flirter avec les limites, à repousser les murs, à défier la mort sans y penser.
“Moi, j’aurais dû mourir mille fois”
En juin 2024, sur le plateau de C à Vous, elle lâchait cette phrase terrible, avec un sourire désarmant. “Moi, j’aurais dû mourir mille fois, vous savez.” Une manière de dire que chaque jour qui passe est un cadeau, que chaque concert est une victoire sur le destin.
Les renaissances
Véronique Sanson est une rescapée. Des addictions, des peines de cœur, des deuils. Elle est celle qui retombe toujours sur ses pieds, qui retrouve toujours le chemin de la scène, qui continue de chanter avec cette intensité que les plus jeunes lui envient.
La Fatigue du Corps : Arthrose, Arthrite et la Douleur de Jouer du Piano
À 76 ans, le corps parle. Il rappelle à l’ordre. Véronique Sanson ne cache pas ces difficultés.
“J’ai mal partout”
Le 28 septembre dernier, invitée de Sept à huit sur TF1, elle faisait preuve de la même franchise. “J’ai mal partout”, reconnaissait-elle. Pas pour se plaindre, juste pour dire la réalité du vieillissement.
Les mains qui souffrent
Pour une pianiste, la douleur aux mains est un drame silencieux. “J’ai de l’arthrose dans les mains, de l’arthrite, et ça me fait mal quand je joue du piano. Ce n’est pas fait pour s’arranger.” Chaque concert devient un défi physique, une lutte contre la raideur des articulations.
Le piano, malgré tout
Malgré la douleur, elle continue. Parce que c’est sa vie. Parce que sans musique, sans scène, sans public, elle ne serait plus tout à fait elle-même. La passion est plus forte que l’arthrose.
La fatigue générale
Les tournées sont épuisantes. Les déplacements, les nuits d’hôtel, l’énergie à déployer sur scène. Véronique Sanson puise dans ses réserves, mais les réserves s’amenuisent. Le souhait de “ne pas se réveiller” un matin, c’est aussi l’aveu d’une fatigue profonde, légitime.



