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Infidélité : peut-on vraiment pardonner et reconstruire son couple ? Les conseils d’une thérapeute

Thérapie de couple et suivi psychologique : des ressources à ne pas négliger

Pour traverser cette période, faire appel à un professionnel peut faire toute la différence. La thérapie de couple offre un cadre sécurisé pour aborder des sujets qui, dans la vie quotidienne, dégénèrent rapidement en conflit ou restent soigneusement évités. Un espace neutre où chacun peut s’exprimer, être entendu, et avancer.

Mais la thérapeute souligne aussi l’importance d’un travail individuel, en parallèle. Une infidélité ne blesse pas seulement la relation — elle touche à l’estime de soi, à la confiance en l’autre, parfois à de vieilles blessures d’abandon héritées de l’enfance. Dans ces cas-là, un suivi auprès d’un psychologue personnel peut s’avérer tout aussi nécessaire que la thérapie de couple.

  • Thérapie de couple : pour travailler la communication et redéfinir les valeurs communes

  • Suivi individuel : pour traiter les blessures personnelles réactivées par la trahison

Les deux approches peuvent — et souvent doivent — se combiner.

Peut-on toujours pardonner ? La réponse honnête d’une thérapeute

Non. Maylis Duffaut ne tourne pas autour du pot : le pardon n’est pas toujours possible, et il serait malhonnête de le prétendre. « Chaque couple est différent, il n’y a pas de décision universelle », rappelle-t-elle.

Lorsque l’infidélité est répétée, ou lorsqu’elle ravive des blessures profondes antérieures — un traumatisme d’enfance, une trahison passée non résolue — la douleur peut dépasser ce que le couple est capable d’absorber. Dans ces situations, se séparer n’est pas un échec. C’est parfois la décision la plus saine et la plus courageuse.

Mais voici ce que la thérapeute ajoute, et qui mérite d’être retenu : dans certains cas, une infidélité peut paradoxalement renforcer un couple. Parce que la crise oblige à regarder en face ce qui ne fonctionnait plus. Parce qu’elle contraint une conversation que les deux partenaires évitaient depuis des années. Parce qu’elle peut, si les deux s’y engagent vraiment, mener à une relation plus lucide, plus solide et plus authentique que celle d’avant.

Ce qu’il faut retenir

  • Comprendre les causes de l’infidélité est la première étape indispensable.

  • Les deux partenaires doivent vouloir sincèrement repartir — sans contrainte ni résignation.

  • L’infidèle doit reconnaître son acte ; la personne trompée doit éviter le faux pardon.

  • Le couple doit se redéfinir, pas simplement reprendre là où il s’est arrêté.

  • La thérapie de couple et le suivi individuel sont des outils puissants, pas une honte.

  • Le pardon n’est pas toujours possible — et ce n’est pas grave.

Conclusion : une crise peut devenir une opportunité

L’infidélité est une épreuve brutale. Rien ne pourra jamais effacer la douleur de la trahison. Mais pour ceux qui choisissent de rester — vraiment, pas par défaut — elle peut aussi être l’occasion d’un reset salutaire. L’occasion de se parler enfin, de remettre à plat ce qui dysfonctionne, de réinventer des règles plus claires.

Cela demande du courage, de l’humilité et du temps. Beaucoup de temps. Il n’y a pas de recette miracle, pas de solution toute faite. Mais si les deux partenaires s’engagent sincèrement, si chacun accepte de regarder ses propres failles, alors une reconstruction est possible.

Et parfois, ce qui faillit tout détruire devient finalement ce qui sauve.

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