INSOLITE

Jean, 54 ans, pensait souffrir d’une simple migraine : une semaine plus tard, un AVC lui était fatal

La règle VITE pour sauver une vie

Les neurologues et urgentistes recommandent de mémoriser une règle simple, l’acronyme VITE, pour identifier rapidement un AVC chez une personne :

  • Visage : demandez à la personne de sourire. Un affaissement d’un côté du visage doit alerter.
  • Inertie : demandez-lui de lever les deux bras. L’un des deux reste-t-il en arrière ou retombe-t-il ?
  • Trouble de la parole : faites-lui répéter une phrase simple. Sa prononciation est-elle bizarre ou incompréhensible ?
  • Extrême urgence : si l’un de ces signes apparaît, appelez immédiatement le 15. Ne conduisez jamais la victime vous-même aux urgences, car les équipes du SAMU commencent le traitement à bord du véhicule et orientent vers l’unité neurovasculaire la plus proche.

Cette règle, enseignée lors de formations aux premiers secours, peut faire la différence entre des séquelles lourdes et un rétablissement quasiment complet. Pourtant, trop peu de Français la connaissent. Des organismes de formation professionnelle proposent des stages de secourisme incluant la reconnaissance de l’AVC, et de nombreuses entreprises commencent à y inscrire leurs salariés. Investir dans une formation de ce type représente une démarche à forte valeur ajoutée humaine, et peut aussi être pris en charge dans le cadre du plan de développement des compétences.

Pourquoi nous minimisons ces symptômes

L’entourage de Jean s’est longuement interrogé après le drame. « On aurait dû insister pour qu’il voie un médecin », répétait son épouse. Cette réaction est humaine : nous avons tendance à rationaliser l’inconfort, à l’attribuer à des causes bénignes. Plusieurs biais cognitifs expliquent ce phénomène. Le biais de normalisation nous fait minimiser des signaux anormaux lorsqu’ils surviennent progressivement. Le biais d’optimisme nous pousse à croire que « cela n’arrive qu’aux autres ». Enfin, la peur du diagnostic, mêlée parfois à des préoccupations financières — consulter un spécialiste, passer des examens coûteux, craindre un arrêt de travail prolongé — freine la décision d’agir.

Dans le domaine de la santé comme dans celui des finances personnelles, une approche préventive rapporte toujours davantage qu’une gestion de crise. Un bilan de santé régulier, une bonne hygiène de vie, une vérification annuelle de sa tension artérielle et de son bilan lipidique coûtent infiniment moins cher, humainement et financièrement, qu’une hospitalisation en unité neurovasculaire suivie de mois de rééducation. Les assureurs l’ont bien compris et intègrent désormais ces dépistages dans leurs offres. Certaines applications de santé connectée permettent même de suivre sa pression artérielle et de détecter des anomalies au quotidien. Ces dispositifs technologiques de suivi constituent un investissement modeste pour une sécurité renforcée.


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