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Guillaume de Tonquédec : face à Alzheimer et à la sclérose en plaques de ses parents, il raconte « un vrai choc »

Devenir parent de ses propres parents : la tragédie silencieuse

Assister au déclin de ses proches transforme profondément la dynamique familiale. Les rôles s’inversent, les repères s’effondrent. Guillaume de Tonquédec le formule avec une justesse désarmante : « On devient soi-même parent de ses parents. »

Cette inversion des rôles est l’un des aspects les plus douloureux de la maladie. On se met à surveiller les médicaments, à gérer les rendez-vous médicaux, à répéter les mêmes informations sans se vexer. On devient, en quelque sorte, le garant de la dignité de ceux qui nous ont élevés. Et avec cette responsabilité vient une forme de deuil anticipé.

« C’est une tragédie. On fait le deuil des moments futurs alors que l’être cher est encore là », confie-t-il. Cette notion de deuil blanc, bien connue des psychologues, décrit ce sentiment étrange de perdre quelqu’un progressivement, alors qu’il est encore physiquement présent. Une épreuve qui isole souvent les familles, tant elle est difficile à expliquer à ceux qui ne l’ont pas vécue.

L’écriture comme thérapie et comme héritage

Pour apprivoiser la peur constante de l’absence, l’artiste a choisi une arme simple mais redoutablement efficace : les mots. Son livre, publié chez Stock, n’est pas seulement un récit sur ses parents. C’est aussi une réflexion sur le couple, sur l’impact de la maladie sur une relation, et sur la manière dont l’amour peut se transformer en dévouement absolu.

Ce choix de l’écriture n’est pas anodin. Pour un comédien habitué aux textes des autres, prendre la plume pour raconter sa propre histoire, c’est accepter une forme de vulnérabilité. C’est aussi laisser une trace, un héritage familial que la maladie ne pourra pas effacer.

Mais l’écriture n’est pas sa seule stratégie de survie émotionnelle. L’acteur a aussi adopté une habitude simple et touchante : multiplier les mots doux à chaque départ ou coup de téléphone. « J’essaie de leur dire je t’aime, j’espère que je ne les saoule pas. Mais si je devais leur dire autre chose, je le regretterais. » Une manière de ne rien laisser d’impensé, de vivre sans regret face à la maladie.


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