Guillaume de Tonquédec : face à Alzheimer et à la sclérose en plaques de ses parents, il raconte « un vrai choc »

Quand Alzheimer frappe le pilier de la famille
Des années plus tard, le destin frappe une seconde fois. Cette fois, c’est son père qui est touché par la maladie d’Alzheimer. Une nouvelle qui résonne différemment, parce qu’elle ne concerne plus seulement le corps, mais la mémoire, les mots, le récit commun.
« Pour le coup, c’est un vrai choc, parce qu’Alzheimer, c’est la fin des mots, la fin du récit familial. J’ai décidé d’écrire parce qu’il fallait que je garde quelque chose », explique le comédien. Cette phrase résume à elle seule la démarche du livre : sauver ce qui peut encore l’être, fixer sur le papier ce que la maladie grignote jour après jour.
Alzheimer touche en France plus de 900 000 personnes, et ce chiffre pourrait dépasser 1,3 million à l’horizon 2050 selon les projections de l’Inserm. Derrière ces statistiques, il y a des aidants, des conjoints, des enfants, qui portent une charge mentale et financière considérable. Un sujet de santé publique qui mérite qu’on en parle sans tabou.
Le sacrifice invisible du père, devenu aidant malgré lui
Pendant des années, le père de Guillaume de Tonquédec s’est oublié au profit de son épouse. Il a mis entre parenthèses sa propre santé, son propre bien-être, pour accompagner celle qu’il aimait dans la maladie. Jusqu’au jour où son corps a fini par lancer un signal d’alarme.
« Il ne s’occupait jamais de lui. Il a même fait un malaise », raconte l’acteur, encore ému face à Audrey Crespo-Mara. Pour convaincre son père de se soigner, il a fallu trouver la bonne corde sensible, celle qui toucherait l’homme au-delà de la maladie. Et cette corde, c’était son rôle de protecteur.
« La façon dont j’ai réussi à le convaincre, c’est de lui dire : si tu disparais, qui va aider maman ? » Un déclic. Un switch mental qui a permis à cet homme épuisé de comprendre qu’il devait d’abord prendre soin de lui pour pouvoir continuer à s’occuper d’elle. Une leçon de vie que beaucoup d’aidants connaissent trop bien, mais qu’ils appliquent rarement.



