Guerre en Iran : les États-Unis dévoilent leur nouveau drone low-cost LUCAS, inspiré des Shahed

Le champ de bataille moderne a un nouveau visage. Il ne coûte que 30 000 dollars, peut être catapulté et une fois lancé, il ne revient pas. Son nom : LUCAS. Son objectif : frapper à moindre coût, en saturant les défenses ennemies.
Ce samedi 28 février 2026, les forces américaines ont utilisé pour la première fois ce nouveau drone lors de l’opération “Epic Fury” contre l’Iran. Une première historique qui marque un tournant dans la stratégie militaire américaine.
Baptisé LUCAS (Low-cost Unmanned Combat Attack System), cet aéronef a été conçu pour être peu coûteux et jetable. Son inspiration ? Les drones Shahed 136 iraniens, ces engins que la Russie utilise massivement en Ukraine et que les Houthis emploient au Yémen.
Le développement de cette arme répond à une nécessité stratégique : face à des drones à bas低 coût, les défenses antiaériennes traditionnelles, équipées de missiles extrêmement chers, se trouvent en position de faiblesse. Le rapport de forces économiques du champ de bataille a changé.
Dans cet article, nous analysons ce nouveau drone, ses capacités, son origine et ce que son utilisation révèle de l’évolution de la guerre moderne.
L’origine du LUCAS : s’inspirer de l’ennemi
Le Shahed 136 iranien, une arme qui a fait ses preuves
Pour comprendre le LUCAS, il faut d’abord en comprendre l’inspiration : le Shahed 136 iranien. Ce drone, développé par l’Iran, est devenu en quelques années l’une des armes les plus redoutées des champs de bataille modernes.
Son principe est simple : c’est un drone “kamikaze”, conçu pour être produit en masse, à faible coût, et envoyé en essaims pour saturer les défenses ennemies. Il n’a pas besoin de revenir ; il n’a qu’une mission : frapper sa cible.
Les Russes l’utilisent massivement en Ukraine, où il terrorise les populations civiles et les infrastructures militaires. Les Houthis, au Yémen, l’ont employé contre des cibles saoudiennes et émiratiennes. Et fin 2023, trois Shahed ont attaqué la frégate française Languedoc en mer Rouge.
La leçon du Languedoc
L’attaque du Languedoc a été un électrochoc pour les armées occidentales. Face à ces drones低 coût, la Marine nationale a dû riposter avec des missiles Aster, des arres extrêmement performantes… mais extrêmement coûteuses.
Un missile Aster peut coûter plusieurs millions d’euros. Un Shahed 136 coûte quelques dizaines de milliers de dollars. Le rapport de forces économique est absurde : l’attaquant dépense 50 000 dollars, le défenseur, plusieurs millions pour se protéger.
Cette asymétrie a révélé un besoin criant : disposer d’armes plus abordables pour contrer ces drones, mais aussi pour adopter la même stratégie.
Le LUCAS : caractéristiques et capacités
Un drone à bas coût
Développé par la société américaine Spektre Works, basée en Arizona, le LUCAS est conçu autour d’une idée simple : faire aussi bien que le Shahed, mais mieux, et pour pas beaucoup plus cher.
Son coût unitaire est d’environ 30 000 dollars. C’est environ mille fois moins cher qu’un missile Ripper, l’une des armes de précision américaines. Ce prix dérisoire permet d’envisager des productions massives et des utilisations en essaims.
Une polyvalence accrue
Le LUCAS n’est pas une simple copie du Shahed. Il intègre des améliorations significatives, notamment la possibilité de se faire catapulter. Cette capacité le rend plus polyvalent que son modèle iranien, qui nécessite généralement une piste ou un lanceur spécifique.
La catapulte permet de lancer le drone depuis n’importe où : un navire, un véhicule terrestre, une position avancée. Cette flexibilité tactique est un atout majeur.
Des capacités offensives réelles
Moins perfectionné que les drones de combat haut de gamme américains (comme le Reaper, qui coûte plusieurs millions de dollars), le LUCAS reste suffisamment efficace pour remplir des missions clés :
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Frapper des systèmes de défense antiaérienne
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Détruire des bases de lancement de missiles
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S’attaquer à des infrastructures militaires (dépôts, centres de commandement)
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Saturer les défenses pour permettre le passage d’armes plus sophistiquées
Sa simplicité est sa force. Moins d’électronique embarquée, moins de capteurs, moins de pièces coûteuses, mais l’essentiel pour faire le travail.



