Enfant séquestré dans une camionnette à Hagenbach : le père placé en détention provisoire

Dans le Haut-Rhin, une affaire bouleverse profondément l’opinion publique. Un garçon de 9 ans a vécu enfermé pendant plus d’un an dans une camionnette. Les forces de gendarmerie l’ont découvert le 6 avril à Hagenbach, un petit village alsacien. Une habitante a alerté les autorités après avoir entendu des bruits suspects provenant du véhicule stationné dans une cour commune.
Les gendarmes sont intervenus rapidement. Ils ont ouvert la camionnette. À l’intérieur, ils ont trouvé l’enfant dans un état dramatique. Le garçon se tenait recroquevillé, nu. Une couverture recouvrait partiellement son corps. Il reposait sur des déchets, des excréments se trouvaient à proximité. Une scène d’horreur.
Un état de santé alarmant
Les secours ont immédiatement pris en charge le mineur. Son état physique inquiète fortement les équipes médicales. Il présente des signes clairs de dénutrition : maigreur extrême, teint gris, cheveux clairsemés. Il souffre également de multiples carences et d’infections cutanées.
Les médecins ont lancé une prise en charge urgente. L’enfant a été transporté à l’hôpital, où il a été placé en service pédiatrique. Son pronostic vital n’est pas engagé, mais sa réhabilitation physique et psychologique sera longue et difficile.
Très vite, l’enquête a progressé. Le père, âgé de 43 ans, s’est retrouvé au centre de l’affaire. Les autorités l’ont interpellé. Il fait face à des accusations lourdes. Le parquet de Mulhouse a ouvert une procédure pour « séquestration aggravée » et « privation de soins ».
Une détention provisoire et des révélations troublantes
Le père reconnaît les faits
Le 13 avril, le procureur de Mulhouse a annoncé une décision ferme. Le juge des libertés et de la détention a validé la détention provisoire du père. La mesure dure un an. Le parquet a suivi ses réquisitions. L’homme reste incarcéré pendant la poursuite de l’enquête.
Selon les premières informations du parquet, le père vit avec sa compagne et deux autres enfants (dont un bébé). Il a reconnu avoir séquestré son fils de 9 ans. Il a également reconnu l’avoir privé de soins. Ses déclarations orientent l’enquête.
« Je voulais le protéger »
Il affirme avoir placé l’enfant dans la camionnette à partir de novembre 2024. Il justifie ce choix par une volonté de protection. Il explique que sa compagne souhaitait faire interner l’enfant en psychiatrie, car il était « turbulent » et « ingérable ».
« Je ne voulais pas qu’il soit enfermé à l’hôpital. Alors je l’ai enfermé ailleurs. » Une logique tordue, que les enquêteurs peinent à comprendre. Le père semble minimiser la gravité de ses actes.
La compagne mise en examen
Dans le même dossier, la compagnie du père est également mise en examen. Elle doit répondre de « non-assistance à mineur en danger » et de « non-dénonciation de mauvais traitements ». Les enquêteurs cherchent à comprendre son rôle exact dans cette affaire.
Savait-elle que l’enfant était séquestré ? Pourquoi n’a-t-elle rien dit ? A-t-elle participé aux sévices ? Pour l’instant, elle nie toute implication directe. Mais les investigations continuent.



