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Détroit d’Ormuz : l’Iran menace de le fermer après les frappes israéliennes, le pétrole flambe

Les frappes aériennes menées par Israël en Iran vendredi 13 juin pourraient avoir des conséquences bien au-delà du Moyen-Orient. Dès les premières heures, les cours du pétrole ont bondi de plus de 12 % sur les marchés. Mais ce ne sont pas seulement les prix du pétrole qui devraient augmenter dans les jours à venir. Face à ces attaques, l’Iran menace désormais de bloquer le détroit d’Ormuz, une artère stratégique par laquelle transite 20 % des flux pétroliers mondiaux.

Le détroit d’Ormuz, situé entre l’Iran et l’Oman (au sud de l’Iran et au nord des Émirats arabes unis), est un goulet d’étranglement long de 50 kilomètres. Chaque jour, environ 17 millions de barils de pétrole brut y transitent, ainsi que du gaz naturel liquéfié. Bloquer ce passage, c’est menacer l’approvisionnement énergétique de la planète entière. Une hypothèse qui inquiète au plus haut point les marchés et les chefs d’État.

L’Iran confirme la menace : « La fermeture du détroit est à l’étude »

D’ores et déjà, le député iranien Sardar Esmail Kowsari a confirmé que la fermeture du détroit était « à l’étude » et que son pays prendrait la meilleure décision avec détermination ». Une déclaration qui n’a rien d’une simple menace rhétorique. L’Iran a déjà, par le passé, harcelé des pétroliers dans la région, saisi des navires, et exercé des pressions militaires.

Le stratégiste de Brown Brothers Harriman, Elias Haddad, a confirmé à Reuters que si le détroit d’Ormuz est fermé, « cela pourrait avoir un effet assez désastreux sur les marchés mondiaux ». Les prix du pétrole pourraient flamber de 50 % ou plus, provoquant une onde de choc sur l’économie mondiale, déjà fragilisée par l’inflation.

Même sans fermeture totale, la menace pèse sur les marchés

Toutefois, la situation en elle-même fait craindre le pire, et ce même si le détroit n’est pas complètement fermé. Pourquoi ? Parce qu’une grande partie de la réserve de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) est située dans le golfe Persique, alertent déjà des experts chez ING.

Les compagnies d’assurance pourraient refuser d’assurer les navires transitant dans la zone. Les pétroliers pourraient choisir des routes plus longues (en contournant l’Afrique par le cap de Bonne-Espérance), ce qui augmenterait les coûts de transport et les délais. Les infrastructures pétrolières (plateformes, oléoducs, terminaux) pourraient être ciblées par des missiles ou des drones.

Autant de facteurs qui, sans fermeture officielle, feraient automatiquement monter les prix.

Emmanuel Macron alerte : « Il faut se préparer »

Preuve que le sujet inquiète au plus haut sommet de l’État, le président français Emmanuel Macron a déjà alerté sur un risque d’impact sur l’économie mondiale. « Compte tenu de l’incapacité de qui que ce soit à se prononcer sur la durée et l’étendue des ripostes, il faut se préparer », a déclaré Emmanuel Macron vendredi 13 juin.

Une déclaration prudente, mais qui reflète l’inquiétude des chancelleries. Une flambée du pétrole aurait des conséquences immédiates sur le prix des carburants, et donc sur le pouvoir d’achat des ménages, déjà mis à mal par l’inflation post-COVID et la guerre en Ukraine.

Quelles sont les capacités militaires de l’Iran ?

Euronews rapporte que les missiles iraniens surface-surface peuvent en théorie viser des pétroliers ou des ports le long du Golfe. Les missiles à courte et moyenne portée pourraient également être capables de cibler des plateformes d’infrastructures pétrolières ou des oléoducs.

L’Iran dispose d’une large gamme de missiles balistiques et de croisière, dont certains ont une portée de plus de 1 000 km. Il a également développé des drones kamikazes, utilisés avec succès lors du conflit contre l’Arabie saoudite en 2019 (attaque d’Abqaiq). Enfin, la marine iranienne, moins puissante que celle des États-Unis, peut mener des opérations de harcèlement : la pose de mines, la capture de navires, des attaques contre de petits bateaux rapides.

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