Corinne Masiero, actrice de Capitaine Marleau, s’explique avec franchise sur l’affaire Patrick Bruel

Parole des femmes, présomption d’innocence et rôle des médias
Le débat actuel met en tension deux principes essentiels. D’un côté, la libération de la parole des femmes a permis à de nombreuses victimes de sortir du silence, de porter plainte et d’être enfin écoutées. De l’autre, la présomption d’innocence, pilier de l’État de droit, impose d’attendre les conclusions de la justice avant de condamner quiconque. Corinne Masiero tente de tenir les deux bouts. Elle ne se réjouit pas du malheur de Patrick Bruel, mais elle refuse que la notoriété étouffe les témoignages ou empêche la justice de faire son travail.
Cette position nuancée peut déplaire aux plus radicaux, qu’ils soient du côté de la défense inconditionnelle de l’artiste ou de la condamnation immédiate. Pourtant, elle reflète une réalité : les procédures judiciaires prennent du temps, et l’opinion publique ne devrait pas se substituer aux tribunaux. Pour autant, le nombre et la constance des témoignages posent de vraies questions sur les rapports de pouvoir dans le milieu artistique. L’actrice le dit sans détour : cette affaire doit être l’occasion d’une réflexion collective sur la place des femmes et sur les violences sexistes et sexuelles.



