Corinne Masiero, actrice de Capitaine Marleau, s’explique avec franchise sur l’affaire Patrick Bruel

Corinne Masiero : une position nuancée mais déterminée
Corinne Masiero n’a jamais caché son positionnement. Bien avant cette séquence médiatique, elle avait signé la pétition réclamant l’annulation de la tournée de Patrick Bruel. Interrogée sur cette affaire, elle insiste d’abord sur la nécessité de ne pas transformer une procédure en spectacle. Elle explique ne pas éprouver de joie face à la chute d’un artiste, même si elle estime que la justice doit aller au bout. Sa déclaration, « Je ne me réjouis pas du malheur des autres, même de mon pire ennemi, mais justice doit être rendue », traduit une volonté de rester humaine tout en restant exigeante sur le fond.
Pour la comédienne, le cœur du sujet dépasse largement la personnalité de Patrick Bruel. Il s’agit avant tout de l’évolution collective du statut des femmes dans la société. Elle emploie des mots volontairement crus, fidèles à son style : « On est dans un virage par rapport au statut des femmes qui ont enfin le pouvoir d’ouvrir leur gueule. » Cette formule dit bien ce qu’elle pense : la libération de la parole n’est pas un simple phénomène médiatique, mais un mouvement de fond qui bouscule les rapports de pouvoir, y compris dans le milieu artistique.
Elle ajoute que ce type d’affaire, qu’elle implique des célébrités ou non, « permet de réfléchir à ce qu’il se passe en nous et autour de nous ». Autrement dit, il ne s’agit pas seulement de juger un homme, mais de questionner des mécanismes plus larges : le silence imposé, la peur de parler, la difficulté à être entendue quand on accuse une personnalité puissante.
Une pétition rassemblant de nombreuses personnalités
La démarche de Corinne Masiero n’est pas isolée. La pétition demandant l’annulation des concerts de Patrick Bruel a recueilli le soutien de plusieurs femmes engagées dans le milieu culturel. Parmi les signataires figurent Anna Mouglalis, Anouk Grinberg, Florence Porcel, Florence Mendez et la chanteuse Pomme. Toutes considèrent que maintenir une tournée dans un tel contexte reviendrait à minimiser la parole des plaignantes et à banaliser des accusations graves.
À l’inverse, certaines voix continuent de défendre Patrick Bruel. Plusieurs anciens collaborateurs assurent n’avoir jamais été témoins de comportements violents de sa part. Sa responsable communication, Nathalie V., qui travaille avec lui depuis près de trente ans, a déclaré qu’en vingt-sept ans de travail commun, elle n’avait jamais assisté à une agression de l’artiste sur qui que ce soit. Ces témoignages contradictoires rendent l’affaire encore plus difficile à appréhender pour le grand public, partagé entre le soutien aux victimes présumées et le respect de la présomption d’innocence.



