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Colère des agriculteurs : Philippe Etchebest soutient les producteurs et dénonce l’indifférence des politiques

La Coordination rurale dénonce un deux poids, deux mesures

Deuxième syndicat agricole du pays, la Coordination rurale n’a pas mâché ses mots. Elle a vivement critiqué l’attitude de l’Exécutif, dénonçant « la différence de traitement du gouvernement face à nos mobilisations ». Le reproche est précis : quelques jours plus tôt, ses propres convois de tracteurs avaient été empêchés d’entrer dans Paris. Une inégalité de traitement qui alimente un sentiment d’injustice déjà très répandu dans les campagnes.

Ce que promet le gouvernement (et pourquoi ça ne suffit pas)

Face à la pression, l’exécutif a tenté d’éteindre l’incendie. Le Premier ministre Sébastien Lecornu a annoncé une future loi d’urgence agricole articulée autour de trois axes : l’eau, la prédation et les moyens de production. Un calendrier a même été précisé : le texte sera inscrit à l’ordre du jour du conseil des ministres au mois de mars, puis examiné par le Parlement avant l’été.

Sur le papier, les mesures annoncées correspondent presque intégralement aux revendications portées par la FNSEA et les Jeunes Agriculteurs. Mais voilà le problème : les agriculteurs n’attendent plus des promesses, ils attendent des actes. Entre l’annonce d’un texte et son application concrète, il y a des mois — et des exploitations qui ferment pendant ce temps. C’est précisément ce décalage entre les discours et la réalité du terrain qui nourrit la colère.

À cela s’ajoute une mauvaise nouvelle de taille : Jérôme Despey, président du Salon de l’agriculture, a confirmé qu’aucun bovin ne serait présent lors de l’édition prévue du 21 février au 1er mars. En cause, l’épizootie de dermatose nodulaire contagieuse. Un crève-cœur pour le monde agricole, qui perd là l’une de ses plus grandes vitrines. « Le salon tient à rappeler son soutien total et indéfectible aux agriculteurs et éleveurs, aujourd’hui plus que jamais », a-t-il déclaré.

Philippe Etchebest : « Ces gens-là, ils sont plus importants que tout ! »

C’est dans ce contexte explosif que Philippe Etchebest a pris la parole. Interrogé par Cyril Hanouna, le chef n’a pas cherché à ménager la chèvre et le chou. L’animateur lui a lancé une question simple, presque naïve : pourquoi personne n’écoute ces agriculteurs qui témoignent depuis des années ?

La réponse du chef est cash : « Peut-être parce qu’ils représentent une minorité et que ça n’intéresse pas les politiques. » Une phrase qui claque. Puis il enchaîne, rappelant un épisode que beaucoup semblent avoir effacé : « On a oublié qu’il y a eu le Covid… Qu’est-ce qu’il s’est passé ? On a tous été les voir, d’accord ? C’est eux qui donnaient à manger ! »

Le message est limpide. Pendant la pandémie, quand les supermarchés se vidaient et que les frontières se fermaient, c’est le monde agricole qui a assuré la continuité alimentaire du pays. Une fois la crise passée, on les a rangés au placard. Et c’est exactement ce que dénonce Etchebest.


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