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Chevaux abandonnés à Bourg-Saint-Maurice : une propriétaire devant la justice pour un drame qui scandalise la Savoie

Au tribunal : déni total et antécédents accablants

À l’audience du tribunal correctionnel d’Albertville, Catherine a adopté une posture de déni. Elle a refusé de s’exprimer et a nié être la propriétaire des chevaux. Une stratégie qui n’a pas convaincu les juges, d’autant que les éléments à charge étaient solides et documentés par les agents de la DDETSPP et les membres de l’association.

L’agent de la DDETSPP a rappelé lors de l’audience les obligations élémentaires qui incombent à tout propriétaire d’équidés : un accès constant à de la nourriture et de l’eau, des abris suffisants, et une vigilance renforcée dans les zones d’altitude où les conditions climatiques peuvent se dégrader rapidement. Des obligations basiques, systématiquement ignorées dans ce cas.

Mais ce qui a sans doute pesé le plus lourd dans l’équilibre, c’est la révélation des antécédents de la prévenue. Le tribunal a été informé de plusieurs procédures similaires à son encontre au cours des quinze dernières années. Quinze ans de récidive, de signalements, de procédures — et d’animaux qui ont souffert. Cette accumulation a conduit le parquet à durcir ses réquisitions et à demander une interdiction ferme.

Ce que la justice a requis : prison, amende et interdiction

Le procureur a requis une peine de deux mois de prison avec sursis et une amende de 9 000 euros, dont 5 000 euros avec sursis. Des réquisitions qui reflètent la gravité des faits, mais aussi la récidive caractérisée de la prévenue.

L’avocate de l’association Cheval Espoir 38 a demandé une indemnisation financière pour couvrir les frais de pension et de soins engagés depuis la prise en charge des animaux. Elle a également insisté sur un point essentiel : les mises en demeure seules ne suffisent pas. Sans décision de justice contraignante et effective, les propriétaires négligents savent qu’ils peuvent temporiser, contester, et recommencer. Il faut une réponse judiciaire ferme pour que la loi ait un sens concret en matière de protection animale.

Le parquet a également exigé l’interdiction de garder des chevaux pendant cinq ans. Une mesure de protection simple et logique, mais qui n’aurait de valeur que si elle était réellement contrôlée et appliquée sur le terrain.


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