Chevaux abandonnés à Bourg-Saint-Maurice : une propriétaire devant la justice pour un drame qui scandalise la Savoie

La mise en demeure ignorée : le signal d’une négligence délibérée
Face à cette situation d’urgence, la DDETSPP a mis en demeure la propriétaire de s’acquitter des besoins essentiels des animaux dans un délai de quarante-huit heures. Une procédure standard, conçue pour permettre une régularisation rapide avant toute saisie.
La réponse n’a pas été attendue. Quelques jours après la notification, un courrier d’opposition à la mise en demeure est arrivé. Et lors d’une seconde visite de contrôle, aucune amélioration n’avait été constatée sur le terrain. Pas de fourrage supplémentaire, pas d’eau, pas d’abri. Rien.
Cette inaction face à une injonction officielle a scellé le sort judiciaire de l’affaire. Les autorités ont décidé de confier les deux chevaux à l’association Cheval Espoir 38, spécialisée dans le recueil et la réhabilitation des équidés en détresse. Mais pour l’un d’eux, la décision était déjà trop tardive.
L’un des chevaux meurt, l’autre se bat pour survivre
La présidente de l’association Cheval Espoir 38 a témoigné devant le tribunal avec une émotion visible. À l’arrivée des deux animaux, l’état du premier cheval était critique mais stabilisable. Celui du second ne laissait guère d’espoir. Trop affaibli par des semaines de privation, trop amaigri pour se rétablir, il n’a pas survécu à ses blessures et à la dénutrition sévère dont il souffrait.
Pour le premier, le sauvetage a tenu à peu près. Sa réaction au premier repas en dit long sur l’état dans lequel il se trouvait : il s’est rué sur la nourriture et l’eau, ingurgitant plus de soixante-dix litres en une seule prise. La présidente de l’association a exprimé son incompréhension quant au niveau de négligence constaté, soulignant les multiples pathologies des deux animaux et les difficultés logistiques considérables pour leur apporter des soins adaptés en urgence.



