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Calogero en colère après l’usage de « 1987 » au meeting de Jordan Bardella : retour sur une polémique qui interroge le droit des artistes

Pourquoi cette polémique dépasse le cas de Calogero

Ce n’est pas la première fois qu’un artiste s’insurge contre la récupération de sa musique par un parti. En 2016, la famille de Michel Berger s’était opposée à l’usage de ses chansons par des formations politiques. Plus récemment, d’autres noms de la scène française ont exprimé des réserves similaires. Le phénomène n’est donc pas nouveau, mais il prend une ampleur particulière à l’approche d’échéances électorales très médiatisées.

Plusieurs raisons expliquent cette sensibilité croissante :

  • La portée symbolique de la musique : une chanson peut être perçue comme un soutien implicite à un discours ou à un programme.
  • Le risque d’image : un artiste peut voir sa réputation associée à des idées qu’il ne partage pas.
  • La question du consentement : les créateurs revendiquent de plus en plus le droit de choisir l’usage qui est fait de leur œuvre.
  • L’absence de flou juridique : les partis politiques savent qu’ils doivent obtenir des autorisations, mais les vérifications sont parfois négligées dans l’urgence d’une campagne.

Dans le cas présent, le Rassemblement National n’a pas réagi publiquement dans l’immédiat. Cette absence de réponse laisse planer le doute sur les raisons de cette diffusion : erreur de la régie son, négligence, ou choix assumé ?

Ce que dit la loi sur l’utilisation de musique en meeting politique

En France, la diffusion d’une œuvre musicale dans un lieu public nécessite en principe une autorisation, souvent gérée via la SACEM. Mais cette autorisation couvre les droits d’exploitation, pas le droit moral. Un auteur peut donc tout à fait s’opposer à l’utilisation de son titre dans un contexte qu’il juge contraire à ses valeurs, même si les droits de diffusion ont été payés.

La jurisprudence a déjà donné raison à des artistes dans des cas similaires. Le juge peut considérer qu’il y a atteinte au droit moral si l’œuvre est associée à un message qui la dévoie. Cela ne signifie pas qu’un parti n’a jamais le droit d’utiliser de la musique, mais qu’il doit obtenir l’accord explicite de l’auteur ou de ses ayants droit.

Pour les formations politiques, le risque est double : juridique, avec d’éventuelles condamnations, et médiatique, avec une mauvaise publicité facilement amplifiée sur les réseaux sociaux. L’affaire Calogero en est l’illustration parfaite.


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