INSOLITE

Calogero en colère après l’usage de « 1987 » au meeting de Jordan Bardella : retour sur une polémique qui interroge le droit des artistes

Un droit moral bafoué selon l’artiste

Pour comprendre la portée de cette affaire, il faut s’intéresser à la notion de droit moral. En France, ce droit est attaché à la personne de l’auteur, de manière inaliénable et perpétuelle. Il permet notamment à un créateur de s’opposer à toute utilisation de son œuvre qui porterait atteinte à son honneur ou à sa réputation. C’est exactement l’argument avancé par Calogero : associer sa chanson à un discours politique revient, selon lui, à dénaturer son travail.

Le chanteur ne se contente pas de protester. Il annonce qu’il « se réserve le droit de donner toute suite judiciaire à cette affaire ». Autrement dit, il n’exclut pas de saisir la justice pour faire valoir ses droits. Une démarche qui n’est pas isolée dans le monde de la musique, où plusieurs artistes ont déjà contesté l’utilisation de leurs titres lors de rassemblements politiques.

Cette position soulève une question juridique intéressante : la diffusion d’une musique dans un lieu public lors d’un événement privé relève-t-elle d’une simple licence de diffusion, ou faut-il un accord spécifique de l’auteur ? La réponse dépend souvent du contexte et des contrats en vigueur, mais le droit moral reste, lui, invocable indépendamment de toute cession de droits d’exploitation.


Previous page 1 2 3 4Next page

Related Articles

Back to top button