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Guerre en Ukraine : un 2S5 Giatsint-S russe à 4 millions de dollars détruit par de simples drones FPV

Guerre en Ukraine : un 2S5 Giatsint-S russe à 4 millions de dollars détruit par de simples drones FPV

Dans la guerre en Ukraine, le rapport de force ne se mesure plus seulement au nombre de chars ou à la puissance de feu brute. Depuis février 2022, Kiev a fait de l’asymétrie sa véritable doctrine : opposer des solutions peu coûteuses à des systèmes conçus pour durer des décennies. La destruction d’un 2S5 Giatsint-S russe, un canon automoteur estimé à plus de 4 millions de dollars, en est l’illustration la plus récente. Ce que l’armée ukrainienne a réussi avec quelques drones FPV vaut bien des rapports d’état-major : un engin d’artillerie lourde, planqué sous les arbres, réduit à l’état d’épave pour une fraction de son prix.

La 33e Brigade mécanisée séparée d’Ukraine a diffusé la vidéo de la frappe sur sa page Facebook, le mercredi 6 mai, non sans une pointe d’ironie. Ses opérateurs ont présenté le résultat comme un « cadeau pour la journée de l’Infanterie ». Derrière la formule, une réalité tactique bien plus sérieuse : c’est déjà la troisième fois que ce modèle précis est neutralisé par les forces ukrainiennes, après des frappes en février puis en avril. Une régularité qui interroge sur la capacité de Moscou à protéger ses pièces les plus précieuses.

Le 2S5 Giatsint-S, une pièce d’artillerie redoutée mais vulnérable

Pour comprendre l’importance de cette perte, il faut se pencher sur ce que représente réellement le 2S5 Giatsint-S dans l’arsenal russe. Produit à partir de 1976, cet automoteur fait partie des conceptions d’artillerie les plus déployées par l’armée russe. Son canon 2A37 de 152 mm, monté à l’arrière du toit, lui permet de tirer des munitions jusqu’à 30 km, et des obus explosifs jusqu’à environ 37 km. Autrement dit, il peut frapper des positions ukrainiennes et des villes situées loin derrière la ligne de front, sans jamais s’exposer directement.

Sa mobilité constitue son autre atout. Le Giatsint-S peut être opérationnel en moins de trois minutes, avec une cadence de tir de cinq à six coups par minute, et une autonomie maximale de 500 km. Son châssis blindé en acier, d’environ 15 mm d’épaisseur, le protège des éclats et des tirs légers. Sur le papier, c’est une machine pensée pour frapper vite, loin, puis se replier avant la riposte.

Mais ce raisonnement date d’une autre époque du combat. Face à des drones FPV pilotés en temps réel, la mobilité ne suffit plus. Les équipages russes camouflent leurs pièces dans les bois, à l’arrière du front, en espérant échapper à la reconnaissance aérienne. La vidéo diffusée par la 33e Brigade montre que cette stratégie de dissimulation a ses limites : une fois repérée, la pièce n’a que quelques minutes pour bouger avant que les drones ne fondent sur elle.


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