Yaël Braun-Pivet, présidente de l’Assemblée nationale, raconte son bras de fer avec Emmanuel Macron sur la dissolution

Yaël Braun-Pivet, présidente de l’Assemblée nationale, raconte son bras de fer avec Emmanuel Macron sur la dissolution
Le 9 juin 2024, la politique française a vécu l’un de ses tournants les plus brutaux. Emmanuel Macron annonce ce soir-là sa volonté de dissoudre l’Assemblée nationale, provoquant des élections législatives anticipées. Dans la salle, Yaël Braun-Pivet, alors présidente de l’Assemblée, assiste à la scène avec sidération. Longtemps restée discrète sur les coulisses de cette soirée, elle a choisi de s’exprimer dans le podcast Génération Do It Yourself, diffusé le 9 août sur YouTube. L’ancienne avocate pénaliste y raconte sa naïveté initiale, la tension du face-à-face avec le président et son regret de ne pas avoir été consultée plus tôt. Un témoignage qui en dit long sur les rapports entre les institutions et l’Élysée.
Une invitation en apparence chaleureuse
Tout commence la veille, le 8 juin 2024. Yaël Braun-Pivet assiste au dîner d’État organisé en l’honneur de Joe Biden au palais de l’Élysée. Elle est alors interpellée par Alexis Kohler, ancien secrétaire général d’Emmanuel Macron. Il lui glisse : « Ça serait bien que tu viennes demain à 19 heures pour les résultats des Européennes. » Sur le moment, la présidente de l’Assemblée nationale ne décèle aucun piège. Bien au contraire, elle y voit une forme de reconnaissance.
Dans le podcast, elle ne mâche pas ses mots sur sa réaction : « Là, conne que je suis, je me dis que je fais enfin partie du club. » Elle confie avoir ressenti une certaine fierté, elle qui n’est pas issue des cercles traditionnels du pouvoir. « Comme je ne suis pas une femme de parti, je n’ai jamais été dans ces cercles-là », explique-t-elle. Cette invitation, vécue comme une main tendue, prendra très vite une tout autre dimension.



