Yaël Braun-Pivet, présidente de l’Assemblée nationale, raconte son bras de fer avec Emmanuel Macron sur la dissolution

Un regret qui ne s’efface pas
Malgré ce long tête-à-tête, la présidente de l’Assemblée nationale ne parvient pas à infléchir la décision du chef de l’État. Les arguments qu’elle avance ne changent rien : la dissolution est déjà actée. Ce constat laisse chez elle un goût amer, une déception qui transparaît encore dans son témoignage.
« C’est l’un des regrets que j’ai. J’aurais tellement aimé qu’il me consulte avant, quand il a réfléchi avec d’autres », confie-t-elle. Elle aurait souhaité que la consultation préalable ne soit pas une simple formalité improvisée, mais un véritable temps d’échange en amont. Pour Yaël Braun-Pivet, cette séquence illustre une tension récurrente entre la pratique du pouvoir présidentiel et le respect strict des institutions.
Ce moment tendu, elle ne pourra pas l’oublier. Il révèle également sa conception du rôle de présidente de l’Assemblée nationale : non pas une simple spectatrice, mais une voix qui pèse dans les moments décisifs.
Première femme à la présidence de l’Assemblée : le poids de l’histoire
Cette confrontation avec Emmanuel Macron résonne avec un autre jalon de son parcours. Le 28 juin 2022, Yaël Braun-Pivet est devenue la première femme élue à la présidence de l’Assemblée nationale. Quatre ans plus tard, elle a célébré cet anniversaire sur Instagram avec un message à la portée symbolique forte.
« Ce n’était pas seulement mon histoire qui s’écrivait ce jour-là, c’était une page que tant de femmes avaient attendue avant moi », a-t-elle écrit. Elle y évoque toutes celles qui ont dû renoncer, les pionnières restées dans l’ombre, et celles qui construiront la République de demain. « Depuis quatre ans, pas un jour ne passe sans que je pense à elles », ajoute-t-elle.
Son message se conclut par une aspiration qui dépasse sa propre trajectoire : « Je ne veux pas être une exception gravée dans l’Histoire. Je veux appartenir à une génération qui aura rendu ces premières tellement nombreuses qu’elles finiront par ne plus étonner. » Une manière de replacer son parcours dans un mouvement plus large.



