Cancer du côlon chez une adolescente : des symptômes ignorés pendant des années

Cancer du côlon chez une adolescente : des symptômes ignorés pendant des années
Imaginez avoir 14 ans, souffrir depuis deux ans de douleurs abdominales et de sang dans les selles, et entendre les médecins vous dire que tout ça, c’est dans votre tête. C’est l’histoire de Libbie Ashworth, une jeune fille de l’Iowa, aux États-Unis. À 14 ans, elle a reçu un diagnostic de cancer du côlon de stade 4. Son parcours médical, marqué par des symptômes minimisés et des consultations sans fin, soulève une question cruciale : pourquoi le cancer colorectal est-il si souvent ignoré chez les adolescents ?
Pendant des années, Libbie a souffert de constipation, de fatigue chronique, de douleurs dorsales et de sang dans les selles. Les professionnels de santé consultés ont attribué ses troubles à des causes bénignes, au stress, ou même à des troubles psychosomatiques. Sa famille, pourtant, ne lâchait rien. Le père, secouriste de profession, a fini par insister pour des examens plus poussés. C’est finalement une urgence hospitalière qui a révélé la vérité : une tumeur de la taille d’un pamplemousse dans l’abdomen. Ce cas tragique met en lumière les lacunes du diagnostic précoce du cancer du côlon chez les jeunes, un sujet qui mérite toute notre attention.
Des symptômes banalisés : quand le corps parle et que personne n’écoute
Les premiers signes sont apparus alors que Libbie était encore au collège. Elle pratiquait la danse de compétition, ce qui masquait parfois l’origine de ses douleurs. Mais rapidement, les problèmes digestifs sont devenus persistants. La constipation s’est installée, puis du sang est apparu dans les selles. Malgré ces signes d’alerte évidents, plusieurs médecins ont rassuré la famille.
Certains ont parlé de « symptômes normaux chez les adolescentes ». D’autres ont évoqué le stress scolaire ou des causes psychologiques. Un professionnel de santé est même allé jusqu’à suggérer un trouble psychosomatique, laissant entendre que Libbie « fabriquait » ses symptômes. Cette minimisation des signes physiques chez les jeunes est un problème récurrent dans le système de santé. Le cancer colorectal est souvent perçu comme une maladie de personnes âgées, et cette idée reçue retarde les diagnostics chez les adolescents et les jeunes adultes.
En 2020, la situation s’est aggravée. Libbie a commencé à souffrir de douleurs abdominales intenses, accompagnées d’épisodes de fièvre. Les tests COVID sont revenus négatifs. Les consultations se sont multipliées, mais aucune cause réelle n’a été identifiée. La famille a changé de médecin, insistant pour obtenir des réponses. Le père, formé aux premiers secours, a constaté la gravité des douleurs de sa fille. Finalement, après des crises aiguës, Libbie s’est rendue aux urgences.
Le diagnostic tardif : une tumeur de la taille d’un pamplemousse
Une imagerie médicale a révélé une masse importante dans l’abdomen. Les examens ont montré une tumeur volumineuse. Les médecins ont alors relié les douleurs dorsales à la pression exercée sur la colonne vertébrale par cette masse. Le verdict est tombé : cancer du côlon de stade 4. Pour la famille, ce fut un choc brutal. Comment une adolescente en pleine santé apparente pouvait-elle en arriver là ?
Les équipes médicales ont immédiatement réalisé une chirurgie lourde. Elles ont retiré une partie du côlon, la masse tumorale, et un ovaire afin de préserver la fertilité de la jeune fille. Ensuite, Libbie a commencé la chimiothérapie. Les effets secondaires ont été difficiles à supporter. Mais les analyses génétiques ont apporté un éclairage supplémentaire : Libbie était porteuse du syndrome de Lynch, une mutation génétique qui augmente fortement le risque de cancers digestifs et gynécologiques.
Syndrome de Lynch et immunothérapie : une lueur d’espoir
Le syndrome de Lynch est une maladie héréditaire qui prédispose à plusieurs types de cancers, notamment le cancer du côlon. Cette mutation génétique est souvent sous-diagnostiquée, surtout chez les jeunes patients. Une fois identifiée, elle permet d’adapter le traitement. Dans le cas de Libbie, les médecins ont choisi l’immunothérapie, une approche qui stimule le système immunitaire pour combattre les cellules cancéreuses.
Pendant deux ans, la maladie a disparu des examens. Libbie a pu reprendre une vie presque normale, continuant même la danse. Mais la rémission n’a pas duré. Une rechute a été détectée, et la chimiothérapie a repris. C’est là qu’un autre problème est apparu : la famille soupçonnait une déficience enzymatique appelée DPD (dihydropyrimidine déshydrogénase). Les tests ont confirmé que le corps de Libbie ne dégradait pas correctement les médicaments de chimiothérapie, ce qui augmentait leur toxicité. Les doses ont été ajustées pour limiter les effets secondaires.



