INSOLITE

Enfant séquestré dans une camionnette pendant plus d’un an : le calvaire glaçant d’un garçon de 9 ans dans le Haut-Rhin

Il y a des affaires qui laissent sans voix. Celle d’Hagenbach, petit village de 800 habitants du Haut-Rhin, en fait partie. Un enfant de neuf ans a vécu un calvaire pendant plus d’un an dans un village alsacien, découvert nu et dénutri sur un tas de déchets dans une camionnette où il vivait enfermé. Boursorama Son père, un électricien de 43 ans, a été mis en examen. Sa compagne également.

Comment un enfant peut-il disparaître pendant plus d’un an, enfermé dans un véhicule garé en pleine cour d’immeuble, sans que personne ne donne l’alerte ? C’est la question qui hante désormais les autorités, les voisins et toute la France. Une question douloureuse, sans réponse simple, qui révèle les failles profondes de notre système de protection de l’enfance.

La découverte : une voisine donne l’alerte, les gendarmes trouvent l’impensable

Tout commence par un bruit. Le lundi 6 avril, aux alentours de 21 heures, une habitante de la commune de 772 âmes prévient la gendarmerie de Dannemarie : elle a entendu des “bruits d’enfant” provenant d’un véhicule utilitaire garé dans la rue des Juifs. France 3 Grand Est

Sur place, les gendarmes identifient rapidement le propriétaire de la camionnette. Il prétexte au fait de ne pas pouvoir l’ouvrir, en raison d’un prétendu dysfonctionnement du système de verrouillage. Vers 22 heures, les gendarmes parviennent à déverrouiller la portière et découvrent dans l’utilitaire un garçon, allongé en position fœtale sur un monticule de déchets et à proximité d’excréments. France 3 Grand Est

L’enfant est “pâle et manifestement dénutri” ; son poids et sa taille ne correspondent pas à ceux d’un enfant de son âge. En raison de sa position assise prolongée, il ne peut pas encore marcher. Franceinfo Immédiatement pris en charge par les secours, il est hospitalisé à Mulhouse. Il s’en sortira, physiquement. Mais les séquelles, elles, s’annoncent profondes.

Un enfant enfermé depuis novembre 2024 : la chronologie du calvaire

Le début de la séquestration semble se situer entre septembre et décembre 2024. L’enfant avait alors 7 ans. Franceinfo Pendant plus d’un an, il a vécu dans ce véhicule garé dans une cour commune, été comme hiver, sans chauffage.

Son père lui apportait de la nourriture et des bouteilles d’eau en venant le voir deux fois par jour. L’enfant avait un baluchon de vêtements et devait faire ses besoins dans des bouteilles en plastique et des sacs-poubelles.

Depuis novembre 2024, l’enfant ne serait sorti que pendant l’été 2025, quand son père l’a autorisé à se rendre dans l’appartement pendant que la famille était en vacances. Il n’aurait pas pris de douche depuis fin 2024. France 3 Grand Est

Le père avait installé une caméra de vidéosurveillance sur la façade de l’immeuble, orientée vers la camionnette. Franceinfo Un dispositif de contrôle permanent, qui en dit long sur la préméditation de cette situation.

La justification du père : une explication qui ne tient pas

Face aux enquêteurs, le père de 43 ans a reconnu les faits mais s’est défendu avec un argument aussi glaçant qu’insuffisant. Il a affirmé l’avoir “mis dans cette camionnette à partir de novembre 2024 pour le protéger car sa compagne voulait le faire interner en psychiatrie”.

Le procureur a précisé qu'”aucun élément médical” n’avait étayé d’éventuels problèmes psychiatriques de l’enfant. Orange, autrement dit : rien ne justifiait cette décision. Aucun diagnostic, aucun suivi médical, aucune préconisation d’un spécialiste.

L’enfant a déclaré aux enquêteurs avoir eu de grosses difficultés relationnelles avec la compagne de son père. Cette dernière ne voulait plus de lui dans l’appartement et souhaitait qu’il soit interné en hôpital psychiatrique.

L’enfant, résigné, aurait compris et accepté le choix de son père de le cacher, convaincu qu’il valait mieux la camionnette que l’internement psychiatrique. Franceinfo Un enfant de 7, puis 8, puis 9 ans, qui a accepté sa propre réclusion parce que son père lui avait fait croire que c’était pour le protéger.

La compagne : entre déni et mise en cause

La compagne du père, âgée de 37 ans, a adopté une position diamétralement opposée lors de son audition. Selon son conjoint, elle se doutait de quelque chose mais ne savait pas que son fils était dans le véhicule. Sa compagne, de son côté, a contesté l’intégralité des faits. France Bleu

La compagne du père a été mise en examen pour “non-assistance à mineur de moins de 15 ans en danger” et “non-dénonciation de mauvais traitements, privations, agressions ou atteintes sexuelles”, et placée sous contrôle judiciaire. Franceinfo

Pendant que l’enfant endurait ce calvaire, le couple habitait dans l’appartement avec deux autres enfants. La sœur de la victime a indiqué aux enquêteurs qu’elle et son frère avaient commencé à vivre avec leur père en raison des difficultés psychologiques de leur mère biologique. Les autres enfants ont depuis été placés.

1 2Next page

Related Articles

Back to top button