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Pruneaux : des bienfaits insoupçonnés contre le cancer ? Ce que dit la science

Longtemps cantonnés à leur image peu flatteuse de « remède contre la constipation », les pruneaux mériteraient pourtant une place de choix dans notre alimentation. À en croire plusieurs spécialistes, notamment cités dans le Daily Mail, leurs bienfaits vont bien au-delà du simple confort digestif, avec des effets potentiels sur la prévention de certaines maladies, dont le cancer.

Ces prunes séchées, riches en fibres et en sorbitol – un sucre naturel aux propriétés laxatives –, sont déjà reconnues pour favoriser un bon transit intestinal. Mais leur composition nutritionnelle, particulièrement dense, intrigue de plus en plus la communauté scientifique. Selon la nutritionniste Hanieh Vidmar, les pruneaux sont « riches en nutriments » et contribuent à l’équilibre global de l’organisme.

Au cœur de cet intérêt croissant : leur impact sur la santé intestinale, un facteur aujourd’hui largement reconnu dans la prévention du cancer colorectal. Alors, les pruneaux sont-ils vraiment un allié contre le cancer ? Que disent les études ? Et comment les intégrer intelligemment à son alimentation ?

Pruneaux : une composition nutritionnelle exceptionnelle

Un concentré de nutriments

Le pruneau est bien plus qu’un simple fruit séché. Sa déshydratation concentre ses nutriments, ce qui en fait un véritable aliment-santé. Voici ce qu’il contient pour 100 g :

  • Fibres : environ 7 g (dont des fibres solubles et insolubles)

  • Sorbitol : sucre naturel aux propriétés laxatives douces

  • Antioxydants : polyphénols, acide chlorogénique, flavonoïdes

  • Vitamines : vitamine K (importante pour la coagulation), vitamines du groupe B

  • Minéraux : potassium, magnésium, fer, cuivre, manganèse

  • Composés phénoliques : aux propriétés anti-inflammatoires et anticancéreuses potentielles

Un indice glycémique modéré

Contrairement aux idées reçues, les pruneaux ont un indice glycémique modéré (environ 40, contre 65 pour le pain blanc). Leurs fibres ralentissent l’absorption des sucres, ce qui évite les pics d’insuline. Les diabétiques peuvent en consommer, avec modération.

Cancer colorectal : le pruneau pourrait-il protéger ?

Des études prometteuses chez l’animal

L’hypothèse d’un rôle protecteur des pruneaux contre le cancer colorectal repose sur plusieurs mécanismes biologiques :

  1. Richesse en fibres : les fibres augmentent le volume des selles, accélèrent le transit et diluent les agents cancérigènes potentiels dans le côlon.

  2. Effet prébiotique : les pruneaux nourrissent les bonnes bactéries intestinales, favorisant un microbiote équilibré (un facteur protecteur reconnu).

  3. Composés phénoliques : ces antioxydants neutralisent les radicaux libres et réduisent l’inflammation chronique, un facteur de risque de cancer.

Des études menées chez l’animal (rats) ont montré qu’une consommation régulière de pruneaux était associée à une diminution du nombre de lésions précancéreuses du côlon. Une étude a observé une réduction de 30 à 50 % des cryptes aberrantes (précurseurs de tumeurs) chez des rats exposés à un cancérigène.

Et chez l’homme ?

Les données chez l’homme sont encore limitées, mais encourageantes. Plusieurs études épidémiologiques suggèrent qu’une consommation élevée de fruits secs (dont les pruneaux) est associée à un risque moindre de cancer colorectal.

Une étude de 2018 (National Health and Nutrition Examination Survey) a constaté que les consommateurs de fruits secs présentaient un risque de cancer colorectal inférieur de 20 à 30 % par rapport aux non-consommateurs. Cependant, ces études ne peuvent pas isoler l’effet spécifique des pruneaux, car les consommateurs de fruits secs ont souvent une alimentation globalement plus saine.

Les chercheurs restent prudents : des études cliniques randomisées chez l’homme sont nécessaires pour confirmer le lien de causalité.

Autres cancers : estomac, pancréas, intestin ?

Plus largement, certaines recherches suggèrent que la consommation de fruits secs (pruneaux, dattes, raisins secs, abricots secs) pourrait être liée à une réduction du risque de cancers :

  • Cancer de l’estomac : les antioxydants pourraient protéger la muqueuse gastrique.

  • Cancer du pancréas : les composés anti-inflammatoires pourraient réduire le risque.

  • Cancer de l’intestin grêle : par les mêmes mécanismes que pour le côlon.

Mais là encore, il est difficile d’attribuer ces effets spécifiquement aux pruneaux, faute de données suffisantes. Les études sont souvent observationnelles et ne peuvent pas prouver la causalité.

Autres bienfaits avérés des pruneaux

Transit intestinal : l’effet bien connu

Un pruneau contient entre 0,5 et 1 g de sorbitol, un sucre naturel mal absorbé qui attire l’eau dans l’intestin et stimule le transit intestinal. Associé aux fibres (insolubles, qui augmentent le volume fécal), c’est un laxatif doux et naturel, sans les effets secondaires des laxatifs chimiques (dépendance, irritation).

Santé cardiovasculaire

Les pruneaux sont riches en potassium, qui aide à réguler la pression artérielle. Leurs antioxydants réduisent l’oxydation du cholestérol LDL (prévention de l’athérosclérose). Plusieurs études ont montré qu’une consommation régulière de pruneaux (5 à 10 par jour) réduisait la pression artérielle systolique.

Santé osseuse

Étonnamment, les pruneaux pourraient aussi être bénéfiques pour les os. Une étude de 2011 (Université de Floride) a montré que la consommation quotidienne de 100 g de pruneaux (environ 10) augmentait la densité minérale osseuse chez des femmes ménopausées, ce qui contribuait à prévenir l’ostéoporose. Les polyphénols et le bore (minéral rare) contenus dans les pruneaux pourraient stimuler la formation osseuse et freiner la résorption.

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