INSOLITE

“La justice a échoué” : après cinq ans d’attente, un père tue l’assassin présumé de son fils pour une dette de 25 euros

C’est une histoire qui semble tout droit sortie d’une tragédie antique. Celle d’un père brisé par la perte de son fils, confronté à un système judiciaire qu’il juge défaillant, et qui finit par prendre lui-même la décision la plus radicale. À Rocca di Papa, petite commune perchée dans les collines au sud de Rome, Guglielmo Palozzi, 62 ans, a abattu Franco Lollobrigida, l’homme accusé d’avoir tué son fils Giuliano.

Le mobile de l’agression initiale ? Une dette ridicule : 25 euros. Un détail absurde, presque insultant, qui rend cette histoire encore plus tragique. Car derrière ce montant dérisoire se cachent cinq années de procédures judiciaires chaotiques, d’espoirs et de désillusions, jusqu’au geste désespéré de ce père qui, après avoir tout tenté, a décidé de se faire justice lui-même.

Cinq ans de souffrance : l’histoire de Giuliano Palozzi

Une dette de 25 euros qui vire au drame

Tout commence il y a cinq ans, dans un contexte de tensions mineures entre deux hommes. Franco Lollobrigida et Giuliano Palozzi, âgé alors de 34 ans, se disputent pour une somme dérisoire : 25 euros. Ce qui aurait dû rester une querelle de voisinage, une dispute banale entre adultes, va brutalement basculer.

Lors d’une altercation, Lollobrigida frappe violemment Giuliano. Les coups portés sont si violents que le jeune homme sombre dans un profond coma. Pendant cinq longs mois, sa famille se serre autour de lui, espérant un réveil qui ne viendra jamais. En juin 2020, Giuliano Palozzi succombe à ses blessures.

Pour son père Guglielmo, c’est l’effondrement. Son fils, qui avait toute la vie devant lui, est emporté par un différend absurde. Commence alors un long combat, celui de la justice.

Un parcours judiciaire chaotique qui alimente la rage

Les mois et les années qui suivent sont un tourbillon judiciaire que la famille Palozzi vit comme une torture supplémentaire. Franco Lollobrigida a d’abord été jugé en première instance. Le verdict tombe : acquittement. La famille est anéantie.

Mais un espoir renaît en appel. En mai 2024, la cour infirme le jugement initial et condamne Lollobrigida à dix ans de prison pour homicide involontaire aggravé. Enfin, pense Guglielmo Palozzi, la justice est rendue. Son fils n’est peut-être pas vengé, mais au moins l’homme qui a causé sa mort est puni.

La délivrance sera de courte durée. Un recours devant la Cour de cassation permet à Lollobrigida de retrouver sa liberté dans l’attente d’un nouvel examen. Une décision que Guglielmo Palozzi juge incompréhensible, injuste, insupportable. L’homme qu’il tient pour le meurtrier de son fils est libre, il vit à quelques rues de chez lui. La rage, contenue pendant cinq ans, atteint un point de rupture.

Le passage à l’acte : un père, un revolver, une fin

Une vengeance minutieusement planifiée

Guglielmo Palozzi connaît les habitudes de sa cible. Il sait où Franco Lollobrigida se promène et à quelles heures il sort. Ce matin d’été, il attend. Posté près d’un parc public de Rocca di Papa, il surveille l’entrée. Il a un revolver sur lui.

Quand Lollobrigida apparaît, Guglielmo s’approche. Les témoins racontent avoir échangé quelques mots. On ne saura probablement jamais ce qu’il lui a dit. Peut-être un dernier avertissement. Peut-être simplement : « C’est pour mon fils.”

Puis il sort l’arme et tire. La balle frappe Lollobrigida au dos. Elle traverse le corps et lui percera le cœur. La mort est instantanée.

“Je n’ai pas fui, j’attendais la police”

Contrairement à ce que l’on pourrait imaginer, Guglielmo Palozzi ne prend pas la fuite. Il jette le revolver à proximité, puis il reste là. Calme. Il attend l’arrivée des forces de l’ordre.

Quand les policiers arrivent sur les lieux, ils trouvent un homme sans histoire, un père de famille, qui vient de commettre un meurtre et ne cherche pas à s’enfuir. Il leur tend les mains. Il a fait ce qu’il avait à faire. Il assumera.

1 2 3Next page

Related Articles

Back to top button