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“La justice a échoué” : après cinq ans d’attente, un père tue l’assassin présumé de son fils pour une dette de 25 euros

Le passage à l’acte : un père, un revolver, une fin

Une vengeance minutieusement planifiée

Guglielmo Palozzi connaît les habitudes de sa cible. Il sait où Franco Lollobrigida se promène et à quelles heures il sort. Ce matin d’été, il attend. Posté près d’un parc public de Rocca di Papa, il surveille l’entrée. Il a un revolver sur lui.

Quand Lollobrigida apparaît, Guglielmo s’approche. Les témoins racontent avoir échangé quelques mots. On ne saura probablement jamais ce qu’il lui a dit. Peut-être un dernier avertissement. Peut-être simplement : « C’est pour mon fils.”

Puis il sort l’arme et tire. La balle frappe Lollobrigida au dos. Elle traverse le corps et lui percera le cœur. La mort est instantanée.

“Je n’ai pas fui, j’attendais la police”

Contrairement à ce que l’on pourrait imaginer, Guglielmo Palozzi ne prend pas la fuite. Il jette le revolver à proximité, puis il reste là. Calme. Il attend l’arrivée des forces de l’ordre.

Quand les policiers arrivent sur les lieux, ils trouvent un homme sans histoire, un père de famille, qui vient de commettre un meurtre et ne cherche pas à s’enfuir. Il leur tend les mains. Il a fait ce qu’il avait à faire. Il assumera.

L’avocat de la famille : “La douleur de la perte de son fils a été atroce”

Un geste que même son avocat n’avait pas vu venir

Fabrizio Federici, l’avocat qui assiste la famille Palozzi depuis le début de cette tragédie, a été pris de court. Il savait son client rongé par la douleur, il savait la rage qui l’habitait, mais il ne pensait pas que cela irait jusque-là.

“Je ne sais pas ce qui s’est passé”, confie-t-il aux médias italiens. “J’aurais pu m’attendre à un geste imprudent de la part de Guglielmo après l’acquittement, mais plus maintenant, quelques mois après la condamnation en appel.”

Pour l’avocat, ce geste n’est pas celui d’un criminel froid, mais celui d’un homme brisé. “Ce qui est sûr, c’est que la douleur de la perte de son fils a été véritablement atroce”, ajoute-t-il. Une douleur que cinq années de procédures judiciaires, d’espoirs et de désillusions, n’ont fait qu’exacerber.

“C’est la justice qui a échoué”

Sans cautionner le geste de son client, Me Federici pointe du doigt ce qu’il juge être les failles du système judiciaire italien. Les revirements de jurisprudence, les acquittements suivis de condamnations, puis les remises en liberté… Tout cela a poussé Guglielmo Palozzi au bord du gouffre.

“Quand la justice ne répond pas, quand elle semble se contredire, quand le meurtrier de votre fils peut marcher librement pendant que vous pleurez… La colère devient trop forte », analyse-t-il.


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