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Affaire Patrick Bruel : Alexandra Lamy et sa fille Chloé Jouannet brisent le silence

Le 18 mars 2026, Mediapart a publié une enquête qui a secoué le monde du spectacle. Huit femmes accusent Patrick Bruel d’agressions sexuelles commises entre 1992 et 2019. Parmi elles, Daniela Elstner, la directrice générale d’Unifrance, qui a déposé plainte pour tentative de viol et agression sexuelle. Depuis cette révélation, le silence de nombreux proches du chanteur interrogeait. Mais certaines voix se sont élevées.

Alexandra Lamy, l’actrice révélée par Un gars, une fille, a été l’une des premières à réagir publiquement. Soutenue par une prise de position de la réalisatrice et danseuse féministe Andréa Bescond, elle a relayé l’information. Quelques heures plus tard, sa fille, Chloé Jouannet, a, à son tour, partagé l’enquête de Mediapart sur Instagram avec un commentaire laconique mais chargé de sens : « Enfin. »

Un seul mot. Mais qui en dit long sur ce que beaucoup, dans le milieu, pensent tout bas depuis des années. Ce « enfin » résonne comme un soulagement : celui de voir la parole se libérer. Celui de constater que la justice, peut-être, va pouvoir faire son travail.

Alexandra Lamy : un soutien discret mais significatif

Une actrice engagée

Alexandra Lamy n’a jamais été une militante bruyante. L’actrice, qui a construit une carrière solide entre cinéma et télévision, a toujours cultivé une certaine discrétion quant à ses engagements personnels. Mais son geste du 18 mars est clair : en relayant la prise de parole d’Andréa Bescond, elle a choisi son camp.

Andréa Bescond, réalisatrice de Les Chatouilles (un film racontant son propre parcours de victime d’une agression sexuelle), est une figure du combat contre les violences sexuelles. Son soutien aux plaignantes dans l’affaire Patrick Bruel était attendu. Celui d’Alexandra Lamy l’était moins.

En s’associant publiquement à cette prise de position, l’actrice envoie un message fort. Non seulement elle croit aux victimes, mais elle affirme que le temps de l’impunité doit cesser.

Une proximité avec le milieu du cinéma

Alexandra Lamy connaît bien le milieu du cinéma français. Elle y évolue depuis des décennies. Elle sait les rapports de force, les silences imposés, les douleurs tues. Son geste est donc aussi celui d’une professionnelle qui, de l’intérieur, a probablement vu ou entendu des choses qu’elle ne peut plus ignorer.

Chloé Jouannet : « Enfin. » Un seul mot qui en dit long

La fille de… mais pas que

Chloé Jouannet, 25 ans, est la fille d’Alexandra Lamy et de l’acteur Thomas Jouannet. Comédienne elle aussi, elle a grandi dans l’ombre des projecteurs. Mais son message du 18 mars prend soudain place au cœur d’une actualité brûlante.

« Enfin. » Ce mot, posté en commentaire de l’enquête Mediapart, a été vu par des milliers de personnes. Il a été interprété, analysé, parfois critiqué. Mais il dit l’essentiel : l’impatience de voir la justice avancer, le soulagement de voir la parole libérée, la colère contenue pendant des années.

Une prise de risque

Pour une jeune actrice en début de carrière, prendre position sur une affaire aussi sensible comporte un risque. Le milieu du spectacle est petit. Les solidarités y sont fortes. Prendre parti contre une figure comme Patrick Bruel, c’est s’exposer. Chloé Jouannet l’a fait. Avec un courage qui mérite d’être salué.

L’enquête Mediapart : ce que l’on sait

Huit femmes, une période de 27 ans

L’enquête de Mediapart est accablante. Huit femmes racontent des faits d’agression sexuelle, de tentatives de viol et de violences, s’étalant de 1992 à 2019. L’une d’elles était mineure au moment des faits (15 ans).

Parmi ces témoignages, celui de Daniela Elstner est le plus détaillé. Alors âgée de 26 ans, assistante chez Unifrance, elle raconte une agression survenue dans une voiture, puis dans un bungalow, lors du Festival du Film français d’Acapulco en 1997. Elle décrit un homme qui lui « sautait dessus », l’embrassait de force et la déshabillait. Elle hurle, se débat, parvient à s’échapper.

Deux plaintes déposées

Daniela Elstner a déposé plainte le 12 mars 2026 pour tentative de viol et d’agression sexuelle. Une seconde enquête préliminaire pour viol a été ouverte par le parquet de Saint-Malo concernant des faits survenus en octobre 2012 lors du Festival du film britannique de Dinard.

Patrick Bruel conteste fermement l’intégralité des accusations par l’intermédiaire de son avocat, Christophe Ingrain. Il affirme n’avoir « jamais outrepassé un refus » et reconnaît seulement des « tentatives de séduction maladroites ». Il reste présumé innocent.

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