INSOLITE

Jean Dujardin dit adieu à Bruno Salomone : un hommage bouleversant pour l’ami de toujours

Le 15 mars dernier, la France apprenait avec une immense tristesse la disparition de Bruno Salomone. À 55 ans, l’acteur, connu pour son rôle inoubliable de Renaud Lepic dans Fais pas ci, fais pas ça, s’est éteint après un combat contre un cancer qu’il avait choisi de garder secret. Une discrétion qui lui ressemblait, lui qui préférait toujours se mettre en retrait pour mieux faire rire les autres.

Ce lundi 23 mars, une semaine après son départ, ses proches, ses amis et ses admirateurs se sont rassemblés pour lui dire adieu. L’église Sainte-Anne de Polangis, à Joinville-le-Pont, cette petite ville paisible du Val-de-Marne où il vivait, n’a pas suffi à accueillir tous ceux qui voulaient lui rendre un dernier hommage. Devant l’édifice, une foule nombreuse s’est pressée.

Parmi eux, un homme était particulièrement attendu : Jean Dujardin. L’ami de toujours, le complice de la troupe, c’est nous, celui avec qui il a partagé les planches, les rires et les silences. Son discours, rapporté par Purepeople.com et Paris Match, restera l’un des moments les plus forts de cette journée de recueillement.

Bruno Salomone, un artiste discret parti trop tôt

Une carrière marquée par le rire et la générosité

Bruno Salomone était de ces artistes qui ne cherchaient jamais la lumière. Né en 1970, il a forgé son talent sur les planches, au sein de la troupe Nous, nous, aux côtés de Jean Dujardin, Éric Collado, Éric Massot et Fred Scotlande. Ensemble, ils ont inventé un humour absurde, poétique et décalé, qui a conquis des générations de spectateurs.

À la télévision, son rôle de Renaud Lepic dans Fais pas ci, fais pas ça l’a fait entrer dans les foyers français. Ce père de famille maladroit mais aimant, souvent débordé, toujours drôle, restera l’une des figures les plus attachantes du petit écran.

Mais Bruno Salomone était aussi un homme discret. Quand la maladie l’a frappé, il a choisi de ne pas en parler. De ne pas faire de sa souffrance un spectacle. Jusqu’au bout, il a protégé ses proches, ses enfants, ses amis, de cette épreuve. Une élégance qui en dit long sur l’homme qu’il était.

Un père de quatre enfants

Bruno Salomone laisse derrière lui quatre enfants : deux garçons, nés de son union avec Gaëlle Demars, et deux filles, nées de sa relation avec Nathalie Péchalat. Une famille qu’il chérissait par-dessus tout.

Ces derniers mois, il avait trouvé un nouveau bonheur en épousant Audrey, sa compagne, avec qui il partageait sa vie. Un mariage célébré peu avant son décès, comme pour sceller un amour et offrir à celle qu’il aimait un dernier geste d’éternité.

Les obsèques : un dernier hommage à Joinville-le-Pont

Une église trop petite pour tant d’amour

Ce lundi 23 mars, l’église Sainte-Anne de Polangis, à Joinville-le-Pont, s’est révélée trop petite pour accueillir tous ceux qui voulaient dire adieu à Bruno Salomone. Devant l’édifice, une foule compacte s’est rassemblée. Des anonymes, des admirateurs, des voisins, mais aussi des dizaines de personnalités du monde du spectacle, toutes venues pour un dernier hommage.

La messe, célébrée à 10 heures, a été un moment de recueillement intense. Puis, à 11 heures, le cortège s’est dirigé vers le cimetière de la commune, où l’acteur repose désormais.

Les personnalités présentes

Outre Jean Dujardin, de nombreuses figures du spectacle avaient fait le déplacement. Les membres de la troupe, nous, bien sûr, mais aussi d’autres amis, des comédiens, des réalisateurs, tous venus témoigner de leur affection pour un artiste unanimement respecté.

L’agent artistique de Bruno Salomone avait tenu à ce que l’hommage soit ouvert à tous : “L’église et le cimetière seront ouverts à toutes celles et ceux qui souhaitent rendre un dernier hommage à Bruno.” Une décision qui reflétait la générosité de l’acteur, lui qui n’aimait rien tant que de partager.

Jean Dujardin : un discours d’ami

“On n’a pas du tout envie de te dire au revoir”

C’est devant une assemblée émue que Jean Dujardin a pris la parole. L’acteur oscarisé pour The Artist, l’homme au sourire éclatant, s’est montré bouleversé, la voix tremblante, les larmes aux yeux. Ses mots, captés par les journalistes présents, résonnent comme une lettre d’amour adressée à un frère.

“Multi tête, multi voix. Ton écriture si singulière, absurde et poétique. Et ce formidable passage secret que tu avais pour trouver les jeux de mots à la con, nous faire rire et surtout rire avec tes amis.”

Ces premières phrases disent tout du talent de Bruno Salomone : sa capacité unique à inventer un univers, à faire rire sans jamais blesser, à transformer le quotidien en poésie absurde.

Le rire, philosophie de vie

Pour Bruno Salomone, le rire n’était pas seulement un métier. C’était une philosophie, une identité, une raison de vivre. Jean Dujardin le rappelle :

“Le rire, ta philosophie, ton identité, ta vie. Comme si tu savais qu’il fallait se dépêcher.”

Cette urgence de rire, de faire rire, Jean Dujardin l’a toujours connue chez son ami. Peut-être parce que Bruno sentait, confusément, que le temps lui serait compté. Alors il l’a rempli de rires, de jeux de mots, de tendresse.

Un homme qui préférait regarder les autres

Dans son discours, Jean Dujardin évoque aussi la discrétion de Bruno Salomone, son effacement devant les autres :

“Alors, aujourd’hui, on va parler de toi. Je sais que tu n’es pas forcément ta cam ; tu préfères la vie des autres, les regarder.”

Une phrase qui en dit long sur l’homme qu’était Bruno Salomone. Toujours en retrait, toujours prêt à mettre les autres en lumière, à les faire rire sans jamais s’imposer. Jusqu’aux derniers instants, il a préféré regarder ses proches plutôt que d’attirer l’attention sur lui.

“On va continuer cette aventure”

Face à l’absence, Jean Dujardin trouve les mots pour rassurer, pour promettre :

“On n’a pas du tout envie de te dire au revoir. Et j’ai l’impression qu’on n’est pas les seuls. Il y a du monde dehors. Il y a plein de gens qui t’aiment. Je sais que là où tu es, tu nous entends aussi. Alors, écoute-moi bien : on va continuer cette aventure.”

L’aventure, c’est celle de la troupe Nous, celle des rires partagés, des souvenirs communs. Une aventure qui ne s’arrête pas avec la mort, car l’esprit de Bruno Salomone reste vivant chez ceux qui l’ont aimé.

“On reste cinq, et même six”

Jean Dujardin évoque alors la troupe :

“On était cinq, nous, on restera cinq, nous, c’est nous. Et même six, avec Audrey, ta femme, l’incroyable Madame Salomone.”

La troupe comptait cinq membres. Bruno Salomone est parti, mais pour ses amis, il reste présent. Il reste le cinquième, celui qui continue d’inspirer, de faire rire et de réunir.

Et puis il y a Audrey, sa veuve. Celle qu’il avait épousée peu avant de mourir. Jean Dujardin l’associe à cette fraternité, lui promet qu’elle ne sera pas seule et qu’elle fait désormais partie de la famille.

“Le baci, comme tu dis”

Le discours se termine sur une note intime, presque légère :

“On t’aime. Le baci, comme tu dis.”

Le baci, cette expression de Bruno Salomone pour dire « je t’embrasse », pour exprimer l’affection sans fioritures. Un dernier clin d’œil, un dernier sourire, avant de laisser place au silence.

1 2Next page

Related Articles

Back to top button