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Obsèques de Bruno Salomone : Jean Dujardin, les larmes et l’hommage vibrant d’un frère

Ce lundi 23 mars 2026, Joinville-le-Pont s’est réveillée sous un ciel gris. Dans la petite église Sainte-Anne de Polangis, là où Bruno Salomone aimait se ressourcer loin de l’agitation parisienne, ses proches, ses amis et des centaines d’anonymes sont venus lui dire un dernier adieu. L’acteur, connu pour son rôle inoubliable de Denis Bouley dans Fais pas ci, fais pas ça, s’est éteint le 15 mars à l’âge de 55 ans, emporté par un cancer qu’il a combattu avec une discrétion et un courage exemplaires.

La messe a débuté à 10 heures. À l’intérieur de l’église, la famille, les proches et les personnalités du cinéma et de la télévision se sont recueillis. Au premier rang, Audrey, son épouse. Ils s’étaient mariés il y a quelques semaines seulement, comme un dernier défi à la maladie, une ultime déclaration d’amour. Elle est apparue profondément bouleversée, ses lunettes fumées dissimulant mal les larmes qui coulaient en silence.

Jean Dujardin, l’ami de toujours, porte la parole

Parmi les proches, une silhouette familière a occupé une place particulière. Jean Dujardin, son complice des débuts, l’ami de trente ans. Les deux hommes s’étaient rencontrés au café-théâtre du Carré Blanc à Paris dans les années 1990. De cette rencontre était née une amitié indéfectible et la troupe des Nous Ç Nous, qui allait marquer la scène humoristique parisienne.

Quand Jean Dujardin s’est avancé pour prendre la parole, un silence épais a envahi l’église. Sa voix, souvent si assurée, a tremblé dès les premiers mots. Il a dit ce que beaucoup pensaient :

« Aujourd’hui, on n’a pas envie de te dire au revoir, mais on va te dire merci. Merci pour ta force d’amitié qui ne s’est jamais abîmée. Merci de nous avoir appris à ne pas avoir peur de dire « je t’aime ». »

Il a parlé de Bruno, de ce qui le définissait. De son humour, toujours bienveillant, jamais méchant. De sa générosité, de sa discrétion, de sa manière unique d’observer le monde et les gens, puis de les imiter avec une finesse qui fascinait même les animaux.

« Le rire, ta philosophie, ton identité, ta vie, comme si tu savais qu’il fallait se dépêcher. »

Ces mots, simples et vrais, ont fait mouche. Dans l’assistance, des sanglots ont éclaté. On a entendu des respirations coupées, des mouchoirs froissés. Le reportage de Brut, qui a filmé la cérémonie, capte ces instants d’émotion brutale et ces silences chargés de tout ce qui reste à dire.

Jean Dujardin a ensuite évoqué ce qui rendait Bruno si précieux : sa capacité à être présent pour les autres, même quand la fatigue et la douleur se faisaient sentir. « Tu nous as appris à ne pas avoir peur de dire ‘je t’aime’ », a-t-il répété. Une leçon que Bruno avait lui-même appliquée jusqu’au bout, épousant Audrey quelques semaines avant de partir, pour que l’amour triomphe de tout.

Puis il a conclu, avec des mots définitifs, des mots qui resteront gravés :

« On était 5 « Nous Ç Nous », on restera 5 « Nous Ç Nous », et même 6 avec Audrey, ta femme, l’incroyable Madame Salomone. On t’aime. »

C’était dit. Le cercle ne se brisait pas. Il s’agrandissait, au contraire. Audrey en faisait désormais partie. Et Bruno, toujours, resterait au centre.


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