INSOLITE

Paracétamol et Nourrisson : Pourquoi le Moindre Surdosage est une Urgence — et ce que le Rappel Doliprane Révèle sur nos Habitudes

Parmi les médicaments les plus utilisés dans les foyers français, le Doliprane occupe une place à part. Accessible sans ordonnance, recommandé dès les premières semaines de vie, il est devenu le réflexe quasi universel des parents face à la fièvre ou à la douleur de leur enfant. Sa réputation de médicament sûr et bien toléré est largement méritée — à une condition absolue : respecter scrupuleusement le dosage adapté au poids de l’enfant.

Advertisment

C’est précisément cette condition que le rappel annoncé le 23 février 2026 par l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) remet au premier plan. En cause : 27 lots de Doliprane 2,4 % suspension buvable pour nourrissons et jeunes enfants, dont les pipettes doseuses présentent un défaut — leurs graduations s’effacent progressivement au rinçage à l’eau tiède ou chaude, rendant toute mesure précise impossible.

Un défaut matériel en apparence anodin. Mais qui, pour qui comprend ce que représente un surdosage en paracétamol chez un nourrisson de quelques kilos, prend immédiatement une autre dimension. Ce rappel est l’occasion de faire le point sur ce que tous les parents devraient savoir — et que trop peu connaissent vraiment.

Pourquoi le Paracétamol est si Différent chez le Nourrisson

Le paracétamol est l’un des médicaments les mieux connus et les mieux étudiés au monde. Chez l’adulte, sa marge de sécurité est large — il faut des doses très élevées et répétées pour provoquer une toxicité significative. Chez le nourrisson et le jeune enfant, la situation est fondamentalement différente.

Le foie du nourrisson est un organe encore immature. Ses capacités de métabolisation et d’élimination du paracétamol sont limitées par rapport à celles d’un adulte. Les enzymes hépatiques responsables du traitement de la molécule ne sont pas encore pleinement activées. Résultat : la fenêtre entre la dose thérapeutique — celle qui soulage — et la dose toxique — celle qui endommage — est beaucoup plus étroite que chez l’adulte.

Un surdosage en paracétamol, même modeste, peut provoquer chez le nourrisson une cytolyse hépatique — une destruction des cellules du foie — dont la gravité dépend de la dose ingérée et du délai de prise en charge. Dans les cas les plus graves, une hépatite toxique aiguë peut survenir, nécessitant une hospitalisation en urgence.

Ce n’est pas un scénario théorique. Les services de pédiatrie et de toxicologie voient régulièrement des cas de surdosage accidentel au paracétamol — et la très grande majorité d’entre eux sont liés non pas à une négligence des parents, mais à une erreur de mesure ou de compréhension du dosage.

1 2 3Next page

Related Articles

Back to top button