INSOLITE

Yvette Roudy, ancienne ministre des Droits des femmes, est morte à 97 ans

Une passation symbolique avec Najat Vallaud-Belkacem

En 2012, lorsque Najat Vallaud-Belkacem est devenue ministre des Droits des femmes, Yvette Roudy a été naturellement associée à cette passation. Trente ans après son départ du gouvernement, elle voyait revenir ce portefeuille à un ministère de plein exercice. C’était un symbole fort pour celle qui avait porté ces questions dans un contexte souvent hostile.

Les deux femmes s’étaient rencontrées lors d’une transmission symbolique. « Ça va être dur ! Il y a beaucoup de gens qui attendent la nouvelle ministre au virage », avait alors prévenu l’ancienne ministre. Cette phrase résumait sa philosophie : les conquêtes féministes ne sont jamais définitivement acquises. Elles demandent une vigilance constante, une volonté d’agir et une capacité à affronter les résistances.

Ce passage de témoin illustrait aussi la continuité d’un engagement politique. D’Yvette Roudy à Najat Vallaud-Belkacem, c’est une même ambition d’égalité qui s’est transmise, avec des contextes différents et des outils nouveaux.

Conclusion : un héritage législatif et politique toujours actuel

La disparition d’Yvette Roudy rappelle que les droits des femmes ne sont pas nés d’un consensus spontané. Ils ont été construits par des mobilisations, des textes de loi et des choix budgétaires. Le remboursement de l’IVG, l’égalité professionnelle et la reconnaissance du 8 mars sont des acquis concrets, mais ils restent exposés aux aléas politiques.

Pour honorer sa mémoire, il ne suffit pas de saluer une figure du passé. Il faut continuer à interroger les inégalités salariales, l’accès aux soins, la place des femmes dans les responsabilités publiques et la transmission de cette histoire. Relire son parcours, c’est se donner les moyens de comprendre que l’égalité n’est pas un acquis passif, mais une construction collective qui demande une attention permanente.


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