INSOLITE

Un propriétaire de Portet-sur-Garonne bloque des gens du voyage avec un bloc de béton de trois tonnes

Un bloc de béton déposé par une grue pour bloquer les caravanes

La solution imaginée par ce propriétaire est aussi originale que brutale. Ne pouvant pas empêcher physiquement les gens du voyage de rester, il a choisi d’inverser la logique : les empêcher de partir. Pour y parvenir, il a loué une grue et fait déposer un bloc de béton de trois tonnes au milieu du chemin menant à sa parcelle. Résultat immédiat : les caravanes sont bloquées sur place et ne peuvent plus sortir du terrain.

Ce geste s’appuie sur un raisonnement précis. Le propriétaire explique qu’une procédure d’expulsion classique l’aurait contraint à déposer un référé devant le tribunal, puis à attendre au moins un mois pour faire appliquer la décision. Selon lui, cette fois, la charge de la procédure change de camp. « Je n’ai qu’une solution : déposer un référé au tribunal, et cela prend au moins un mois pour faire appliquer la décision et les faire quitter la place. Cette fois, ce sont eux qui vont devoir déposer un référé pour que j’enlève mon bloc de béton », a-t-il détaillé.

Le bloc de béton ne bloque toutefois pas totalement la circulation. D’après le propriétaire, il laisse suffisamment d’espace pour que les voitures puissent sortir en cas d’urgence. Seules les caravanes, plus larges et plus lourdes, se retrouvent prisonnières du terrain. Cette précision change la nature du conflit : il ne s’agit pas d’une séquestration totale, mais d’une pression exercée sur l’occupation elle-même.

La réaction des gens du voyage et les inquiétudes exprimées

Du côté des occupants, la réaction ne s’est pas fait attendre. Plusieurs membres du groupe installé sur le terrain ont fait part de leur colère et de leur incompréhension. L’un d’eux a décrit le propriétaire comme « complètement inconscient », pointant la présence d’enfants en bas âge au sein du campement. La crainte principale porte sur les situations d’urgence : comment évacuer rapidement un enfant malade ou une personne blessée si le passage est obstrué ?

Cette inquiétude est compréhensible, même si le propriétaire affirme que les voitures peuvent toujours circuler. Sur le terrain, la tension est palpable. Les gens du voyage considèrent ce bloc de béton comme une forme d’intimidation, voire de mise en danger. Le propriétaire, de son côté, estime qu’il ne fait que rétablir un équilibre que la justice met trop de temps à garantir. Chacun campe sur ses positions, et le dialogue semble rompu.


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