Surya Bonaly, 52 ans, exilée aux États-Unis : pourquoi elle affirme qu’en France, elle « n’avait plus sa place »

Après 1998, une championne laissée sans vraie place
Sans soutien institutionnel, difficile d’accéder aux créneaux de glace les mieux dotés ou aux emplois d’entraîneur national rémunérés par le ministère des Sports. En France, la procédure pour devenir coach reste longue et très encadrée, avec peu de postes à la clé. Pour Surya Bonaly, la sensation se renforce alors : celle d’être tolérée comme ancienne star, mais pas vraiment attendue dans les bureaux ni sur les bancs de l’encadrement.
Elle finit par regarder vers les États-Unis, où le marché du coaching est beaucoup plus ouvert. « En France, il y a une procédure qui est longue et difficile. Et après, il faut encore trouver une place… Aux États-Unis, le coaching, c’est du privé, donc on est payé à la leçon. On a moins de sécurité, mais si on travaille bien, on peut bien gagner notre vie », explique-t-elle dans les colonnes du Parisien. Une différence de modèle qui change tout pour une sportive en reconversion.
Un modèle américain fondé sur le mérite et le test annuel
De Minneapolis à Las Vegas, l’ex-championne s’est installée dans un système où la reconnaissance passe d’abord par le niveau proposé aux élèves. Elle résume le modèle américain en quelques mots : « On passe un test chaque année pour être prof de patinage. Qu’on soit champion ou pas, on peut entraîner », avant d’être jugé « sur le niveau technique qu’on apporte aux clubs ou aux élèves ». Un fonctionnement qui valorise la compétence et l’engagement plutôt que le seul prestige d’un palmarès.
Cette logique de marché, très répandue dans le sport et la formation aux États-Unis, permet à d’anciens athlètes de monétiser directement leur expérience. Là-bas, les cours particuliers, les stages et les programmes de perfectionnement constituent un véritable secteur économique. Pour une coach, la réputation se construit leçon après leçon, résultat après résultat. C’est précisément ce que Surya Bonaly est allée chercher : un environnement où son travail est évalué à sa juste valeur, sans passer par les filtres d’une hiérarchie fédérale.



