Sarah Knafo n’exclut pas de rejoindre un gouvernement Bardella : un tournant stratégique à l’approche de la présidentielle 2027

L’appel pressant à l’union des droites nationalistes
Au-delà de la simple question gouvernementale, la déclaration de Sarah Knafo s’inscrit dans une stratégie politique plus vaste. L’élue européenne a insisté sur la nécessité de rassembler les forces de la droite nationaliste : « On va avoir besoin de tous s’entendre », a-t-elle lancé, comme un appel du pied aux différentes composantes de cette famille politique.
Cette position intervient alors que les sondages pour la présidentielle 2027 montrent une fragmentation persistante de l’électorat de droite. Les enquêtes d’opinion récentes indiquent que la somme des intentions de vote pour les candidats souverainistes dépasse régulièrement les 35 %, un réservoir électoral considérable qui ne demande qu’à être fédéré.
Reste que l’union ne signifie pas la fusion. Sarah Knafo a pris soin de rappeler que Reconquête et le Rassemblement national demeurent deux formations distinctes. Les divergences programmatiques persistent, notamment sur les questions économiques et régaliennes. La ligne défendue par le mouvement fondé par Éric Zemmour se veut plus libérale sur le plan économique, tout en affichant une fermeté assumée sur les sujets d’identité et de sécurité.
Des divergences économiques qui persistent
Le clivage économique demeure en effet le principal point de friction entre les deux camps. Là où le RN a développé un discours social protecteur, défendant le pouvoir d’achat des classes moyennes et populaires, Reconquête assume une orientation plus libérale, tournée vers la baisse des impôts et la réduction de la dépense publique.
Ces nuances idéologiques ne sont pas de simples détails techniques. Elles conditionnent la crédibilité d’une éventuelle coalition gouvernementale et la capacité des deux partis à gouverner ensemble sans se déchirer. Sarah Knafo en a pleinement conscience et n’a pas cherché à les occulter, préférant les exposer au grand jour.
Pour autant, l’eurodéputée semble estimer que ces différences sont surmontables. Sa volonté affichée de travailler avec Jordan Bardella suggère qu’elle privilégie ce qui rassemble à ce qui divise. Une posture pragmatique qui contraste avec les positions plus intransigeantes défendues par d’autres cadres de Reconquête.
Jordan Bardella, déjà pressenti pour Matignon
La déclaration de Sarah Knafo prend tout son sens à la lumière de l’organisation politique imaginée par le RN pour 2027. Marine Le Pen a en effet officialisé son intention de confier les rênes de Matignon à Jordan Bardella en cas de victoire à l’élection présidentielle. Une répartition des rôles qui vise à conjuguer l’expérience de la présidente du groupe parlementaire et la popularité grandissante du jeune président du parti.
Cette hypothèse d’un duo Le Pen-Bardella à la tête de l’exécutif change considérablement la donne politique. Elle offre un débouché concret aux élus et cadres de la droite nationaliste qui souhaiteraient participer à une majorité gouvernementale sans pour autant adhérer au RN.
Les déclarations de Sarah Knafo pourraient ainsi ouvrir la voie à d’autres personnalités de Reconquête. Plusieurs figures du parti zemmouriste, séduites par cette perspective de pouvoir, pourraient être tentées de suivre cet exemple et de se positionner en vue d’un éventuel gouvernement d’union nationale.



